La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

686 LA REVUE SOCIALISTE égalitaire : singulier <lémenti au prestige des pourpres officielles, 4ui clentit prêtcràrireauxdignitaires étrangers,et ne témoignait pas en tout cas d'une excessive concentration de la fortune territoriale. C'est qu'en effet le vrai secret du mal était ailleurs. Il était bien pl ntôt et il est toujours dans ! 'altération factice de tons les rapports économiques de la production et de l'échange dû à l'influence désastreuse qui fait peser sur eux l'oligarchie de l'agio;- dans les coalitions industrielles et financières appuyées sous la connivence gouvernementale, dans les opérations de la hante pègre banquièra, les razzias de la spéculation ; dans les jeux de Bourse aux4nels clonnent lieu les nécessités besogneuses d'un pouvoir aux abois : dans l'instabilité et les massacres économiques, avec on sans poudre brîtlée, qui sont les suites nécessaires de ce régime de banditisme. Les abus qui se développent dans la répartition de la propriété agricole ne sont eux-mêmes, en gmndc partie, que les suites de cc désordre, qui de,-ront s'évanouir à peu pres entièrement du jour où une réforme Yéritablement radicale supprimera en lin le règne de brigandage financier. Là est le mal ; là est le fon<l cle la plaie où le fer rouge <loit être porté. La seconde objection qui se présente est un scrupule de justice. On peut admettre en effet, d'apr~s les principes antérieurement indiqués, qu'au bout de quarante;\ cinquante années la terre ( 1 ui a payé une redevance annuelle de 212 à 2 0 0 cesse en toute légitimité d'appartenir an propriétaire qui l'acheta de ses deniers pour pas~er au cultivateur qui se l'est acquise par son travail. ~fais alors les propriétaires qui seraient en possession clepuis un laps de temps inférieur it quarante on cinquante années sembleraient ètre en droit (le crier it la spoliation pour toute la différence de rente it percevoir dont ils seraient privés en raison de la différence de temps. Cèci pom-rait encorè se régler, les fermiers dans ces conditions continuant it payer la rente annuelle jusqu'à parfaire la somme d'achat. C:est-à-dire que ce serait renoncer à l'idée primitive d'exécution sommaire pour s'engager dans la voie de la discussion juridique. 1Iais, d'un autre côté, un <leuxième obstacle surgirait : car le plus grand nombre des fermiers ne sont pas depuis q narantc- ou cinquante années sur la même exploitation. D'où il résulte 4ne la mesure en question, fort simp.le en apparence, donnerait lieu dans la pratique à des complications qui se montreraient inextricables. Cette seconde considération est décisive. La première, celle qui a trait au droit des propriétaires, n'aurait pas suffi par ellemême. L'objection tirée de la justice est en effet pins spécieuse que réelle en face de cette loi supérieure de la Révolution dont les exécntioas ne peuvent s'exercer en définitive qu'en frappant

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==