La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE PROÜ:TARIAT AGRJCOLE Q·1e s~rait donc aujour.l'hui la (lépos,.;'><,-ionhrus11tH.'<l'un nombr-: de propriétaires au moins quadruple:, Le he,soin n'c~t pas moins urg.cmt; l'obstacle a plus de puissante. 1magine-t-on la perturbation inns exemple que jetter,lit tout à coup dans l'in1lustrie, dans Je commerce, dam, l'ensemble dd la production, d,ms Je sy,-tènv entier clds affaires, ce monRtrueux bou levt'r:-1PJ1H•n:,t Pens-:-t-on quelle s?r,1it la lourdenr d'une pareille chute dt>capihux? .L-t propriété territoriale, dans les con<litions où elle exish• aujonr.llrni en France, form" une construction <lont les assises sont Ki ,11stes l't si profoll(lément situées, ll'S parties tellement liées entrd elles, et it tout l'ensembh• social dont t•ll,• est la base, 11ueson effron•h-ament 1mbit s•r,tit celui d<)la n'ltion elle-mi'-me. D"ailleur:l, il n'y a pas iei, comme dans l'exècution antinobiliair-:, anti-théocratique, cl u dernier siècle, une ligne de dèmarcation nett.). en gr,md nombrd de propriHairès terriens sont autant prolétai1·.)s que capitalistes, autant ou plu:i productt>u1·scp1e par,uliteR, exploités qn'ex.ploitt•ur;;; toutes les tran,.,itions existent: tons lefl degr,•s s~ rencontr..'nt, toutes les combinai:.;ons. La propriété foncièr~ n'est pas, on ne saurait trop le comprendre, une pr~rogatiYe saisi!:'Mble qui confltitut·, tom,m• jadis, le privili•ge de la nais,mnce, une ma,-;s,' di:-1tincte (t'inti-r~ts, snperposèe it celle dP la nation, pon ,·ant êfre l•cartée (l'un bloc. C'est même lit où résidP, fallaciem,ement retranché, le ,;ophii'<mede l'Ordre bourgeois. Ajoutons cle plus, qnc ce:-1fermier,;, qu'on fer,tit tout it coup propriétaires, ne sont pas ce qu'il y a dans le prnlétariat dt>plus prol{•taire, 1<il'on peur ain;;i s'exprimer. l.;ne foule dl' conditions p1·{•c·aires, spécialement dignes dï ntérêt, Retrouveraient au contraire atleinte1< par la même nwsnre 11ui frapper.lit la grande propriété, comme par une arme it deux tranchants dont le contr.i-coup serait it c1·ai11Clt\l 11011 moins que le coup clirect. li faut enfin reconnaître que la plaie économique <lenotre Ro:::iétén'est pas principalenwnt dans l'iniquité dislributiYC <lela propriHé foncière.L'inégalité cle la répartition y est m{,me moindre que partout ailleurs. Les fortunes de millionnaires, repréRt>ntées à 2 1 2 et 3 du 100, par des revenus de 25 it :{0,VO<frlancH, sont rares; celles de 50 à li0,000 francs de rente sont tout à fait une exception. Xous nous rappelons avoir ,u du temps <lerEmpire,et nous ne pensons pas que les choses aient dû beaucoup changer depniR, les membres du Corps législatif venir à l'occasion <le la nouYelle année faire leur visite aux Tuileries. La plupart de ces notabilités territoriales, n'ayant pas les moyens d'entretenir à Paris le luxe d'un équipag?, ~3 faisaient voiturer tout simplement. en fiacre à 2 francs l'heure, en S((JJin, <lisaient les gavroches. Spectacle assez

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