La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

682 LA REVUE SOCIALISTE amené au pouvoir, n'a rien su faire jusqu'ici depuis 17!12 pour les populations rurales. Loin de lit, en 70 comme en 48, celles-ci n·om connu la République que par le surcroît des charges qu'ellé ,t fait porter aux campagnes. Faut-il après cela A'étonner si elles se montrent prévenues contre cette forme de gouvernement r Il est question de les initier aux causes intime!! d'un fait établi à leurs yeux par une double expérience ; de faire entendre aux paysans <1u'ily a dans la démocratie républicains et républicains ; que le pouvoir jusqu'à ce jour n'a i>témis qu'aux mains d'une certaine classe de discoureurs, étrangers à la vie du peuple, qui dans la République ne voient que le nom et la forme, dont le campagnard ne se soucie guère s'il porte le même bàt. L'ouvrier des villes, plus intelligent, surtout \·oyant les choses de plus près, reste malgré tout attaché à la République, mettant à son Aervice trois mois de misère s'il le faut, voire six et plt1s encore j nsqn 'à cc qu'il soit sons son nom fusillé par le capital : c'est qu'en effet sons la formule parlementaire il sent que le socialisme germe. :\fais la pensée du paysan ne saurait anticiper l'avenir ; le fait seul, par une action tout empirique, aura prise sur son intellect. Il ne faut non plus lui demander aucune <'spèce de sacrifice: il n'a cln temps de misère an sen-icf' d'aucune cause : soit religion, patrie, liberté, quelle que Boit la rubriqu<", il n'accepterait pas, sauf peut-être pour ramener l'Empire, vingt-quatre heureR de la moindre gêne, Ainsi ,·ous met-il dans le même sac tous les rt'publicains, connaissant le socialisme ii peu près comme le loup-garo"u, par l<'Souï-dire, sans a,·,)ir d'idées plus précises. Il s·en tient donc à ce qu'il a vu. Dans sa tête où les idées ne se lient guère qu'un mécanisme d'association instinctive, la République jusqu'ici mal avisée reste toujours le synonyme de détresse publique et de surcroît de charges personnelles. A qui la faute? Pour endoctriner le payRan il faut des actes. Maintenant que nous connaissons l'élément rural, il s'agit de chercher les moyens que la Révolution devra employer désormais pour tailler dans cette lourde étoffe le paysan républicain, capable d'expoHer sa vie, comme il le fit en !12,pour la défen!<edu sol que féconde son labeur. Car c'est le seul moyen efficace qui pourra relever la nation. A première vue, le procédé rbvolutionnaire le plus direct pour inti>resser lf' paysan paraîtrait consister, en conformité avec la formule générale, à transférer purement et simplement, sur toute la ,mrface, aux mains des tenanciers, fermiers et métayers, la propriété des tcrr,lins qui sont, par eux, mis en valeur. Il semblerait que d'un seul coup se trouverait ainsi rattachée à la défense

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