La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

OSO LA REVCE SOCIALISTE 11'a pas osé, t1L\ch·1îne1le· Yr.1i génie de la France, le seul qui ait pou voir contre ceux de l'étr,mger, son génie ré\·olutionnaire . .Au;:;,;ipn1t-être, s'il faut le dir<!,est-ce '}Uechaque chose ne saurait venir qu'à l'heure étel'llellement fixée. Xul ne saYait alor$ ce que l'on ,mit il pré,;enc; les temps marchent à toute Yites;;e. J 1 (1stcertain que cette fa~·onde faire entraînait comme corrélatif l'emploi IP plu,; "igoureux des moyens financiers et gouvernementaux donc son PouYoir dictatorial puis;:;e être armé. En dégrevant le proléta1·iat, ce qui était de néceHsité, il fallait, par compenHation, 1·eporter sur les classes dirifJl'flllff',<, cc !JUiétait de justiC!', les risques matériels <le la guerre où elles avaient jeté la nation fou,·voy<'.•epa1· leur direction. C'était bien le moment ou jamais 11<s.e' rappeler le mot de Danton s'adref'gant aux riches : << Yous 1ùwe~, on [t) sait, ni courage, ni honneur, ni patriotisme. Le pl't1ple prodiguera son sang: rien ne vous fera contribuer du vôtre : /.,in·1•: rliJ1111· ·ot 1'f' or, 111isérab/1•.~, lic1·r•z i·ot !'I' or ' >.>.. JI fallait un emprunt fore{•,frappant sur les grands conlribuahles, rembours,ible ou non rembour1>able, selon l'i;;sue de la résistanC'P. Par ainsi le;; capitalistes auraient été intéressés du même coup que la plèhe à la \'ietoire nationale, et garantie etît été prise à l'endroit de l<'nr mauvais vouloir. ('ar, il 1w faut pas l'oublier, de l'imitant où on frappe les hr,11ff'.sdos.w•,q, pui,;qu'ainsi s'appellent aujour<l'hui noHbouti11uiers repu~, il est à peu pr~s nécessaire quïl inten-icnne alors une sanction Rérieuse. C'i•tait grave, il n'en faut douter, mais le seul 1•pcom·sMail lù. On n'l'st paHdictateur à demi; il faut se montrer aloi·,;,, 1ft lw11/1•11,· d1•.~ 1·il'l'O/!.~la,1r1•,~. Sur ce p1·opos un seul exemple qui servi:' à fixer les idées. Au comm<>ncement d'Octobre 1~70, l'armée allemande se développait Yers les frnntières de la Xorman<lie dans le dessein de ;;e r,1,·itailler .. \ux pr<'mièr<'s nouvelles dP ce mouvement, les conseiller;; municipaux et notables bourgeois de la ,·ille d'Evreux s'empr,•ssent d'en \'oye1· à l'ennemi une proposition de rachat. Aus,itôt informé de ce fait, le ministre de la Guerre, qui Yenait d'a1Ti,·er à Tours, fait \'t)nir en sa présence les conseillers d'En·eux, et leur applique une objurg,tlion foudroyante qu'il termine en ·leur déclarant tJU'il les livre ... à l'indignation publique!- Xos ventrus se retirent Pn<:hantés d'en être quittes à si bon compte. Cc n'était pas là ce qu'il fallait faire. Il e,;t trop naïf d'aclres1-1e1· dPHrepro<:hes à dt)s g<'nH qui sont incapables du les sentir. Le dictateur devait se borner à constater froidement l'acte de haute trahison, pui~ aban1lonner les traîtres à la justice méritée. Ceci était de la plus haute portée ; non pas assurément en cc qui concernait les personnes des bourgeois de cette ville, qui sans

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