LE PROLÊTAltIAT AGRICOLE riche pour prendre en main la cause, trallitionnellement négligée, des traYailleurs ruraux. li n'en a rien été. Au lieu de chercher la Xation où elle est en effet, dans la masse profonde du peuple, on s'est arrêté à la voir où elle n'est pas, dans cette couche mèlée et suspecte qui la surnage. On a eu peur de violenter ce qu'on a pris pom· l'opinion pu blique, celle de t1·ois ou quatre cent mille parasites qui ne pouvaient être patriotes, et on n'a pas su s'adresser à la grande opinion publique des huit millions de Français, qui constituent la vraie nation, celle qui t.availle. On a fait de la conciliation ,wec les descendants des émigri!S de Coblentz, et des Vendéens aYec les zouaves Pontificaux : on a fait de la conciliation aYec les vassaux de !'Etrange,·, inféodés par la finance,la grosse industrie et le haut commerce; on a parlé de conciliation dans une défense commune quand il n·y avait plus qu'à soule,·er désespérément, dans un nouvel effort de la révolution, les énergies latentes de la masse populaire. On n ·a pas su se rendre compte de ce que doit être réellement, clans cette société tout à part qui e;;t la France d'aujourd'hui, une défense nationale. On a parlé au paysan de l'indépendance, de l'honneur et du salut de ht Patrie : grands mots assurémenr. Yous en parlez fort it Yotre aise, Messieurs les avocats de Paris ; mais pendant q ne vous mettez en ligne vos armées formées à la hâte par l'appel forcé de nos enfants, si l'ennemi enleYe ma récolte et dévaste mon champ, où seront alord mes moyens de vivre ~ Quel dédommagement en aurai-je ? Quelle garantie m'assurez-vous ~ Si le dictateur aYait raison, le paysan a,ait-il tort ? Ce fut, ainsi que les campagnes, surchargées sans compensation, exposéE-saux risques de guerres, et manquant de bras pour les cultures, incapables d'ailleurs de mesurer la portée de la question nationale, réclamerent la paix à grands cris, et pour n'y pas manquer suscitèrent dans leur affollement cette assemblée de hobereaux députés à tout faire, intrépides à la honte. Les plèbes rurales n'étaient-elles pas clans la logique ? Il n'existait effectiYement que deux voies rationnelles : ou la soumission sans Yergogne, la prodition de Bordeaux consentie dès le début, ou la Révolution. ~fais quand il fallait à tout prix intéresser directement au salut de la Patrie lïrrésistible armée des déshérités, la grande canaille, en un mot soulever la Kation, on a eu peur. On n'a pris, tout considéré, que des demi-mesures; on n·a fait qu'une quasi-défense. Quand il fallait repousser l'ennemi sous la Sanction de la mort, ou, ce qui est pire, du déshonneur de la Nation, on a craint la Jacquerie! Triste chose que cet e1;prit, bourgeois! En somme, on n'a pas su, clans le s~prême péril, ou plutôt on
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