6ï8 LA RE\'lJE SOCIALISTE asservir, il r('stait un suprêJUe recours, développer par tons les moyens, an sein des masses, surtout rurales, ce sentiment nni,ersel de résistance nationale qui est l'arme et le salut des désespérés. On Hait dans cette alternative : on ce parti énergiq_ne ou la ruino du pays. Il n'était pas de moindre évidence que pour ce faire les paroles ne suffisaient pas; il fallait ou jaJUais des mesuref:I pratiques et radicales: il fallait faire intervenir une double i;,anction; intéresser le pay,-an dans la défense du territoire en m&ine temp1:1que le pré111unir par tles exemples d'une juste sévérité contre cette tendanc·e namrJlle qui le porte du côté de la force. Qu'a fait la Délégation de Tonrs? Dans cette nécessité du salut public, la dictature républicaine de 1870 a-t-elle tenté aucun moyen de rendre sensible à l'esprit rural que la cause du cultivateur, la cause de la Révolution et, par conséquent, la défenso de la Patrie n'étaient qu'une seule et même chose? Dans cette dl'tresse de la Xation où le poids de sa résistancC', les dangers personnels, les menaces de l'invasion, les dévastations qu'elle entraîne pesaient principalement sur la plèbe agricole, la. Dictature républicaine a-t-elh, dégrevé le laboureur d'aucune lles chai·gcs qu'il supporte? C'était de simple justice. Loin clelà; il a éprouvé au conti-,üre un surcroît de contribution, il a dtî subvenir aux dépenses de gnerre. A <léfant de mesures offecti vcs, lesquelles pourtant étaient d'urgence, a-t-on R(•ulcment donné aux gens des campagnes le moindre gage ou preuve même une simple promeRSCde sollicitude, lent· témoignant que la Républir1ue avait le sentiment cle leurf> besoins et s'intérei;sait à leur sort? Les deux vétérans du barreau, expé,li{>s il 'I'onrs en attendant que leur jeune collègue vint s'occuper enfin de l'ennC'mi, avaient trouvé le temps de s'employer ... Yéritables Josses politiques, il des réformes judiciaires! Leur estil venu à l'eHpritde penser aux baux et fermages, aux abus de la législation qui régit l'existence du prolétariat campagnard? Estce donc que cette question fut moins intéressante au point de vue juridique et surtout, dans la circonstarn·e, d'uno actualité moins preAsante? S'ils avaient témoigné dès lors quelque vell,füé de provoquer cette réforme, du moins auraient-ils essayé ce qu'il était en eux de faire pour disposer les masses rurales en faveur <lu Pouvoir qui représentait;\ la fois la défense du sol national et la R{•volution. Sans dissiper des pri•jugés accumul{>schez elles de trop longue date par les intrigues réactionnaires, toutefois auraient-ils obligé l'attention des campagnes il se fixer sur le fait étrange de ce gouvernement ,l'un genre nouveau, osant, sous l'enseigne malfamée de la République, rompre en -...isière à la classe
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