Oîi LA REYUE SOCIALISTE Républic1ue.Avait-on supposé qu'il passerait d'emblée de l'idolàtrie monarchique à la démocratie sans idoles ni figures:' Quant anx comparses des Deux-Décembre, l'éclat emprunté qu'ils reflètent ne capte pas le snffragt1 rural au point de l'aYeugler autant qu'on pourrait le croire sur la valeur qui leur est propre. Le vote du campagnard, nous le disions tout à l'heure, étant surtout affaire de per~onne,:, il peut même arriver que les inféodés du césarisme, si la main de l'empereur n'est plus là pour les soutenir, soient app1'éciés par leurs électenrs orJinaires au poids de leur,; m<'.•ritesintrinsèques, jusqu'à rt ster sur le carreau. C'est ce qu'ils ont éprouYé, assez surpris de leur déconfiture, aux élections du 20 février I t\71i. En induirez-vous que nos campagnes ont comniencé à se nettoyer du virus napoléonien ? Si on vous le dit, ne vous y fiez pas. Ceux qui s'endormiraient dans cette illusion courraient risque d'en être brusquement réveillés. Que d'aujourd'hui à demain \·ienne un usurpateur qui fasse l)reu\·e de force; qu'un sacripant, né pour le bagne ou 1our le _pouvoir, prenne en main, pour parler comme le paysan, le manche de la charrue, vous verrez le césarisme. P,tr ses mœurs et par s-is idées le paysan garde, en effet, l'empreinte de la dure opprei;sion 4.ui a brUH(JUement pesé sur lui. Dans ses vices comme dans ses ve1·tm;, vouH retrouverez l'hom,,u, d,, 1111iist,,, le vilain lié it la glèbe, taillable et corvéable. li est encore le paun-e hère des temps féo(laux, ignorant t>tpusillanime, humble d'allures, cauteleux, prudent, comme il doit aniYer chez un Nre inférieur qui sent son infériorité: menteur, dissimulé, rusé, voire même narquois: - la ruse est la. défense du faible et le mensonge son échappat◊ire, comme l'ironie Hournoise est la revanche du pauvre homme. Mai::;ceux qui le connaiRsent ne se prennent guèrt>à ses épaisses finesses, apprises de tra(lition et, pour employer son langage, cousues de fil blanc. Ses habiletés Ront tours de lièvre esRayant de donner le change aux chiens, dont malgré tout il est la proie. D'ailleurs, frugal ùc vie, satiRfait de peu, économe jusqu'à l'avarice, régulier dans ses habitudes, courageux au travail bien que mou à la douleur et poltron devant Je danger, il est résistant . à la peine comme habitué séculairtJment à pàtir pour l'aisance d'autrui. Ce sont vertus (le meurt-de-faim. L'homme des champs est l'èRté un être di•primé. Devenue un in,;tinct machinal, la terreur sous laquelle il fut courbé de si longs siôcles a persi;;tp au fond de son âme : la crainte enveloppe son exiHtence. Dans l'isolement où il végète, l'homme des champs a peur de tout : peur des rnleurs et des gendarmes, des incendiaires et des rats-de-cave, des gens de loi et des pa rlagf11.r, des vivants et peur des morts. Car leHohjets diurnes et réels ne suffisent pas ù sa
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