La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

661 LA REVUE SOCIALISTE bassacleurs, de Yeil!er aux bonnes relations extériem·es, de diriger la police, de co1,server la concorde et le bon ordre clans la ville et enfin de gérer les affaires de la cité. Il avait la haute main même sur la milice. Et jamais Strasbourg ne brilla avec tant d'éclat que pendant l'administration de ces ammeis[('1• populaires, jamais elle ne fut plus prospère au dedans et plus honorée au dehors. Dans les rangs socialistes, l'on a dit qu'il ne fallait pas se faire illusion snr le pouvoir communal qui, par nature, même s'il n'était pas outrageusement limité par la légalité courante, ne se prête· guère à de grandes 1·éalisations socialistes. Les lignes qui précèdent soulignent suffisamment l'exagération de cette appréciation, également démentie par les faits et par les congrès. Le deuxième et prochain congrès des conseillers municipaux socialistes démontrera sûrement que le nombre et la qualité des mesures socialistes à prendre dans les communes, n'est pas plus à dédaigner que l'utilité de municipalités empreintes de l'esprit socialiste, et qu'au surplus la socialisation de la Commune est le meilleur acheminementit la socialisation de l'Etat. En s'emparant des communes, le prolétariat ne suit-il pas la même méthode d'affranchissement qui a si bien réussi à la bourgeoisie r Pendant que d'un bout de la France à l'autre, la féodalité se montrait à cheval et en armes, l'association communale a été la phase guerrière de la Bourgeoisie; elle peut redevenir la phase guerrière du Prolétariat contre les exactions et le brigandage des hauts barons de la finance et de l'industrie. Deux sortes d'unités se trouvaient en présence avant 1789 : l'unité administrative et l'unité nationale. L'œuvre de la bourgeoisie fut l'établi8sement de la première par les Communes, et <le la seconde par les Etats-Généraux. Par l'unité aùministratiYe, la féodalité fut chassée des fiefs, par l'unité nationale des assemblées.- La guerre aux monopoles et aux fiefs financiers et industriels, la campagne pour l'extension des services publics et de la communion humanitaire, pouvant, selon l'importance des circonstances, être menées tantôt par l'Etat, tantôt par la Commune, il n'est pas impossible de concevoir pour le Peuple tout entier cette fois, une voie analogue de triomphe définitif. .. . ::,fous demandions plu~ haut, à défaut d'une loi municipale plus autonomiste, tout au moins une interprétation administrative plus libérale de la loi de 1884. Eh bien ! il s'est rencontré un libéral, un économiste, ancien conseiller municipal de Paris, nous avons nommé 1\1. Léon Donnat, pour demander au contraire une

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==