LE SOCIALISME COMMU.:SAL 663 llfalon dans son Socialisme Intégral, la création de communescantons. - En attendant l'on pourrait utiliser la loi municipale supplémentaire du 22 mars 18\10relative à la formation de syndicats de communes. Ne connaissant pas encore, par l'expérience de son fonctionnement, la valeur de cette nouvelle institution, nous ne pouvons que la rappeler et souhaiter que l'on en tire tout le parti possible. Ne craignons pas de le répéter : même avec la législation actuelle, à la condition toutefois d'une interprétation plus large de la part du pouvoi1· central, de notables progrès sociaux sont réalisables. Nous ne voulons pas en faire une fatigante énumération, d'autant plus que dans le cours de cet article il a été fait allusion à toutes sortes de réformes, par exemple : la réorganisati.on des bureaux de bienfaisance et de l'assistance communale, l'exécution directe de la plupart des travaux urbains - et 101-sque ces travaux sont effectués par des entrepreneurs concussionnaires, leur surveillance par des contrôlem-s ouvriers - la fixation d'un minimum de salaire, fixation qui n'est interdite par aucune loi, mais simplement par arrêté administratif, par l'autoritarisme des ministres, autoritarisme qui une seule fois a bien été obligé de s'incliner devant la volonté du Conseil municipal de Paris. C'était en 188\l : le Conseil municipal avait refusé de voter tout crédit pour !'Exposition, si les ouvriers appelés à exécuier les traYaux ne trouvaient pas les garanties qu'ils exigeaient. • • • Lors des dernières élections municipales, les succès partiels incontestables remportés par les répuhlicains-socialistes ont eu le don de porter jusqu'à la démence l'exaspération de certaines gens. L'on a parlé de p1·ostitution du suffrage universel, d'avilissement des charges publiques! .Aux détracteurs de ces conseillers ouvriers qui, maintenant, ont fait la preuve de leur bon sens natif, iln'estpeut-être pasinutilederappeler les exemples similaires donnés par les communes du moyen-âge et les anciennes villes libres des 'bords du Rhin. Ces dernières, surtout en Alsace, choisissaient toujours leurs conseillers parmi le peuple et n'accordaient à la haute bourgeoisie qu'une représentation proportionnelle au nombre de ses membres. _En consnltant· l'histoire de la républicaine Strasbourg, nous voyons, après 1482, la dignité de magistrat-régent (cunme?°strr), successivement exercée par un épicier, un vigneron, un tonnelier, un maçon, un marchand de bière. L'ammeister, assisté de quatre adjoints élus par les corporations, était chargé de recevoir les am-
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