656 LA REVUE SOCIALISTE tion du l" Mai, son quasi-oubli des traditions communales parisiennes, sa peur de faire de la capitale de la France, la capitale du socialisme international ont été regrettables, et nous déplorons cette passagère d('minntio capitis. Quoi qu'il en soit, la part de la bienfaisance sociale du conseil municipal rle Paris reste encore belle et bien des points du programme municipal socialiste ont été appliqués par lui avant les congrès de Lyon et de St-Ouen. Depuis longtemps il avait affecté un crédit à l'inspection du tra\·ail qui, à présent, dépend de l'Etat. N'a-t-il pas sans cesse réclamé, - en théorie, - la reprise par l'Etat ou les villes de tous les monopoles concédés à des compagnies capitalistes? Ne rnte-t-il pas à chaque instant des subventions à des grèves, à des sociétés d'émancipation ouvrière, dos bourses de toutes sortes, des secoura à des employés victimes d'accidents, ou it leurs veuves et il leurs orphelins ? Enumérer les détails, ce serait vouloir encombrer cet article. Bien que les successeu1·s de l\1. Floquet au ministère de lïntérieur n'aient pas ratifié les promesses d'approbation de ce dernier, il n'en reste pas moins à l'actif du Conseil municipal de Paris, son vote du 12 Mai 1888, sur les conditions des travaux d'éLlilité parisienne : 1°Interdiction du marchandage: 2° Journée de neuf heures; 3" Repos hebdomadaire ; -1" Application des prix de série par les entrepreneurs. Puis n'oublions pas que la Bourse du Travail a coiÎté près de trois millions et qu'elle exigera chaque année une dépense de 150 à 250,000 francs; que, contrairement à l'administration, il encouraga plutôt la formation des syndicats des ouvriersemployés-fonctionnaires de la Ville. etc., etc. Nous passons de ses votes et des meilleurs. Sans entrer dans les détails, sans noter les nombreux crédits supplémentaires nécessités par les épidémies ou des froids exceptionnels, et en omettant mille petites améliorations de voirie, d'hygiène, de répartitions des secours médicaux et pharmaceutiques, il nous faut signaler d'une façon générale ses constantes recherches cl u redressement de tous les services de la Ville dans un sens nettement <lémocratique. ~e vient-il pas, par exemple, de relever les salaires des ouvriers et employés inférieurs, de façon à ce que le minimum du salaire journalier ne soit pas inférieur à 5 francs? N'a-t-il pas porté de 100 fr. à 150 francs l'indemnité mensuelle allouée aux conseillers prud'hommes ouvriers ? X'a-t-il pas un admirable laboratoire, de mieux en mieux constitué en vue de l'intérêt supérieur de la santé publique ?
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