La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISME COMMUKAL 655 Il n'entre ni dans notre plan, ni surtout dans le cadre accordé à ces notes, de rechercher quels seraient dans ces occurrences les devoirs budgétaires très divers du Conseil municipal ùe Paris. Un volume n'y suffirait pas. l\1ais nos lecteurs ne comprendraient pas que dans ce travail, nous n'accordions pas une place, non pas à ce que pourrait réaliser un conseil municipal socialiste, mais à ce qu'ont déjà fait dans le sens socialiste, les majorités radicales du Conseil de Paris. Une majorité socialiste ne pourrait faire guère plus que la majorité radicale. Elle voterait les déchéances des Compagnies de traction, d'i\clairage, etc .., et une foule d'ordres du jour et de résolutions, excellents comme effet moral et propagande, mais d'aucune efficacité pratique, à cause des résistances tantôt passives, tantôt actives de l'Administration, préfets, ministres et Conseil d'Etat. L'ordre du jour serait un peu plus corsé ; une sorte d'entraînement révolutionnaire s'en suivrait peut être dans la massa. ::iiais encora une fois, ce sont là des hypothèses. Jetons donc plutôt un rapide coup d'œil sur le budget actuel de la Yi Ile de Paris, sur l'état d'esprit du conseil municipal. Et ceci n'est ni une diver;;ion, ni une parenthèse, puisqu'aussi bien notre but très modeste est de grouper, de relater sommairement les tendances socialistes des conseils municipaux de France. De tous côtés on rend hommage au conseil municipal de Paris, à son esprit d'initiative, à son goîlt pour les solutions neuves. Cet hommaga est mérité, car jusyu'à ces derniers temps, jusqu'à l'heureuse décentralisation socialiste, c'est-à-dire jusqu'à la conquête par les socialistes de quelques municlpalités provinciales, le Conseil de la Ville-Lumière était resté à la tète du mouvement légal d'émancipation politique et sociale. Ce n'est pas qu'il ait pu réaliser tous !'es desiderata, entravé qu'il est par les incessantes tracasseries de l'.\.dministration. l\Iais ses Yotes ont toujours été empreints du plus pur républicanisme, et l'on ne' compte plus ses subventions aux grèves et œuvres sociales de toutes sortPs. Cependant, malgré sa constante sollicitude pour les besoins de la classe ouvrière, le conseil municipal de Paris n'est plus à la tête des mouvements généreux et des reYendications sociales. Nous assistons parfois à l'effarouchement rural de certains conseillers qui n'ont dû leur avant dernière-élection qu'à la nécessité de la concentration des forces républicaines contre le péril boulangiste. Décidément, le danger césarien, dont il n'y a pourtant plus à se souvenir a par trop assagi la majorité du conseil municipal de Paris. La vague modestie de quelques-unes de ses réclamations, son escamotage de la commission des emprunts de la Ville, ses hésitations en présence ùe la manifesta-

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