651 LA REVUE SOCIALISTE difficultés insurmontables pour les hommes qui n'ont pas le caractère bien t1·empéet la volonté arrêtée de faire leur devoir quand même. Je me souviens que l'année dernière j'avais signalé au Conseil municipal, un entrepreneu1· qui exploitait à son profit les carrières ,le la ville, au mép1·is <lesconditions très fo,·melles de son cahier des charges. l'ne commission fut nommée peur examiner la question, et un brave conseiller op1>ortuniste qui en faisait partie, ne rougit point de dire à ses collègnes, qu'en s'occupant de cette affaire, ils ne seraient point réélus. Je dois ajouter qu'il avait raison ; il est passè en tète de liste dans son canton, et la plupart de ses collègues. moi compris, ont échoué; n'est-ce pas une preuve de plus que tout est à refaire dans notre organisation politique où l'on a tout intérêt à favorise,· la fraurle et le gaspillage, pour ne pas dire mieux. A mon avis les administi·ateurs d'une commune devraient aYoir les pouvoirs les plus éten,lus, mais ils devraient ètre i!galement rendus responsables personnellement quand ils encouragent ou tolèrent les 1,1alversations. Dans tous les cas, sans approfondi,· la question. je suis absolument convaincu qu'en matière de voirie et de tra\'aux publics, il y aurait tout avantage à employer le système de la régie, sous la direction des architectes de la ville et la surveillance d'une commission spéciale rctribuée et responsable, et avec ùes grnupes corporatifs d'ouvriers fortement organisés pa1· la municipalité. On exécuterait les travaux, par ce moyen, à bien meilleur marché et l'on ferait profiter ainsi la ville et les trav,.illeurs rio l'énorme prélibation ostensilJle ou cachée que prélêyent sur eux les entrepreneurs. Il sei·ait possible alors d'exiger l'application do la journée de huit heures, du minimum des s::daires et de la suppression du marchandage, c'est-à-dire <le fai1·eentrer en gmnd le socialisme ,!ans la vie municipale ..... . • • • PA.HIS Si tl'lles sont les réformes succeptibles d'être réalisées actuellement par la 1·illede Xantes ou toute autre grande ville française à leur budget similaire, quelles ne pourraient pas être les réalisations dC'la Yillo de Paris dotée d'un conseil municipal socialiste? Dans le nnméro de Décembre dernier de la Rr1•11r Socialisü', )I. Dazet en indiquait une et non des moindres : la liquidation de la propriMé fonci('.•rc. Héla,;! non,; n 'on sommes pas encore lù, car le projet de M. Dazet, éminemment pratique et dans la bonne tradition réformiste n'C'n irnppo,;e pas moins la transformation de la majorité parlementairè et du Conseil d'Etat.- Auparavant l'on avait plus <le chances d'obtenir pour la Yille de Paris, soit l'autonomie communale telle qu'elle a été réclamée par )I. Sigismond Lacroix, Hoit plus s1îrement ltl retour au tlroit commun, c'est-à-dire au régime de la loi municipale de 1884, comme le réclament avec tant d'énergie M~I. Vaillant et Champou<lry.
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