La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISME COlL'IIüXAL La municipalité socialiste <lonnrrait, en outre, toute son attention aux petits employés et aux ouvrier• occupés par la commune, }Pur applh1ue1·ait scrupuleusement le principe de la journée de huit heures, amiliiorera,t leur sort, prcnclrnit des mesures pour leur garantir une 1·etraite suffisante pour leurs vieux jours; en un mot, elle ferait diamétralement le contrai1·e des a<lminist1·ations cléricales et oppo1·tunistes qui n'ont d'autre objectif que d'enfler les traitements et les avantages des principaux fonNionnaire~ 1>0u1· uien établir leui· supériorité sur leurs subordonnés en tant que classe et pour approfondi,· le fossé qui les divise. Les socialistes en arrivant au 1>0u,·oir se trou\'eraient à '.\antes devant des traitt<s passés par leurs prédécesseurs avec la Compagnie dPs Tramways et celle du Gaz, auxquels il ne pourraient 1·ienchanger ; leur rôle se bornerait donc à exiger d'elles 1-i 1·espcct des conventions établies : il y aurait heaucoup à faire avec la Compagnie F:uroiwenne du Gaz qui n'est point surveillée et qui donne un éclaimge tout-à-fait insuflisant, lequel ,·appelle relui des anciens re\'e1·bêres à l'huile. li serait urgent. en outi·e, de prendre des arraugemcnts avec celte Compagnie pour augmente,· le nombre des becs de gaz dans les faubou1·gs de la ville, qui sont tenus dans une quasi-obsru, ité. li y aurait à entrer en lutte a,·ee la puissante Compagnie de ParisOrléans qui, profitant de la complaisance et de l'incurie des municipalités qui se sont succédéPsdepuis la creation des lignes de Saint-'.\azaire et de Bretagne, a trou,·<! le moyen de traiter :-Santesen ville conquise et <le fouler aux pieds tous les règlements et toutes les conditions qu'elle avait acceptés. Quant au monopole de la Compagnie des eaux, il sel'8it à supp1·imcr et la municipalité devrait renoncer à conclul'O un nouveau l1'8ité a,·cr une compagnie parli<'ulièrement tracassière et rapace qui a tant exploité les '.\antais. Elle de,Tait municipaliser immédiatement le service, re qui permettrait de mettre des bornes-fontaines partout où il en manque. La ville de Nantes a t1·iplé d'ëtendue et doublé de population depuis qu'elle a été livrée par la Mairie au comte cle )lontebello et à ses compères : il n'a pas été mis une borne-fontaine de plus. Les socialistes au,·aient également à faire un service municipal de l'éclairage électrique, au lieu de se li\'l'er à une Compagnie qui en fait l'installation et appartient au ba1·onde Rothschild. li ne fauch-ait pas renouveler avec l'l':lectricité, les fautes que l'on a faites pour l'éclairage au gaz et pour le service d'eau. J'arrive à la quesl.ion la plus importante de mon exposé. celle des tI avaux publics, car c'est là que le régime capitaliste actuel 1·èguedans toute sa splendeu1·, au g1·andMLriment de l'ensemble des citoyens et surtout des travailleurs. Les socialistes auraient le devoÎI' d'arracher cette sou1·ce de profits scandaleux à la rapacité des entrepreneurs, et de faire cesser l'exploitation dont sont victimes les ouvriers qu'ils emploient. Pour cela, il faudrait autant qne possible, s'entendre avec des associations ouv,·ières dont on provoquerait au besoin la fo1·mation. Il est indiscutable qu'il y aurait là une mine inépuisable d'économies et d'améliorations à faire. La plupart des entrepreneurs qui traitent avec les communes, les départements et l'Etat, devraient se ruiner ou tout au moins faire de grosses pe1·tes. aux pri:,: où ils soumissionnenL dans les a1ljudications publiques; l'expérience prouve qu'ils deviennent millionnaires. li faut donc qu'ils trouvent le moyen de ne pas remplir leurs engagements et pour cela, il est indispensable que les fonctionnaires publics et les administrateurs ~lus par le 1>0uple,ferment les yeux au moment des livraisons, ou soient absolument au-dessous de leur mission. Cnn municipalité socialiste aui·ait le devoir de couper court à ce gaspillage honteux des denier, publics, mais il est clair qu'elle se heurterait à d~s

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