650 LA REVUE SOCIALISTE Repo,·t .. li serait. d"ailleurs, préférable que la Ville soit chargée de ces services, car ils perdraient ainsi Je caractère éminemment vexatoire QUb lui imprime l'administration cléricale et bourgeoise du Bureau de Bienfaisance. Du i·este, le seul fait que la municipalité dispense les secours su,· les déshérités de la commune, remplace la charité dédaigneustJ du supéri.,ur par la solidarité digne de de l'égal. On pourrait donc distraire de la subvention au Bureau de Bienfaisance, ce que coùte en moyenne les dispensaires, le service médical et pha1·maceutique. soit em·iron. 1-1· Je ne fais point entrer en ligne de compt<l l'économie qui pourrait résulter de l'o1·ganisation municipale 'socialiste sur le budget des Hospices, mais on pourrait retirer à leur administ,·a·· tion les fr. 9.100 pour les veuves pauvres ayant au moins tt·ois enfants au-dessous de 12 ans, et les fr. 1.500 pour les ouvriers blessés ou convalescents sortant de l'H0tel-lJieu, pour en faire des se1·vices municipaux. ·15· 11i·este enfin la subvention théàt,·ale que je suis d'avis de supprimer dans une ville qui comprend tant de malheureux; quand la Société socialiste sera organisée, on ne négligera ni l'art dramatique, ni l'art ly,-ique. mais ils ne servirnnt point comme maintenant aux plaisirs d'un petit nombre qui les font payer à leurs concitoyens.- J'ajoute donc .. Tot.al... fr. î3.000 ;i5.000 10.600 100.000 238.600 Avec une somme aussi considérable en main, une municipalité socialiste pourrait organiser de suite les services suivants, prévus par le Programme de Lyon : l • L'institution des Cantines scolaires. :J· La Bourse du Travail. 3·' Le placement gratuit des travailleurs et la suppression des bureaux de placement. 4 • La création de Maternités et d'asiles pour les Yieillards et les invalides du travail. 5· Le service gratuit de médecine. 6 • Le service g,·atuit et celui à prix réduit de pharmacie. 7· Le service gratuit de consultations judiciaires. 8· Les asiles de nuits et les distributions de vivres pour les passagers et les ouvriers à la recherehe de travail. !)· On pourrait étendre l'action de la Ville dans le Sanatorium de Peribun auquel on affecte la somme insuffisante de fr. 6.5ï0. 10· Un asile de convalescence à la campagne. 11• Un service de secours aux ouvriers sortant de !'Hôtel-Dieu. Et bien d'autrPs institutions de solidarité socialiste auxquelles on enlêve- ·rait le caractère odieux de la charité méprisante que la Société Bourgeoise mesure si parcimonieusement à ses victimes. On pourrait également remplacer les ga1·gotes délabrées, surnommées fourneaux municipaux, où !"on débite du mauvais bouillon, par des établissements très propres et três soignés, où l'on vendrait des aliments substantiels à prix rétluit. La municipalité socialiste aurait à mo,Jifler considérablement le taux de l'octroi en vertu de l'article 4 de son programme, mais son action serait limitée par le décret impérial du 12 février 1870, qui a force et vigueur, et
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