LA REVUE SOCIALISTE l'empèchent de travailler, elle nous demande des secours. Le bur<Jau de bienfaisance peut bien lui donner des secours en nature, il pourra l'entretenir, mais il ne. pourm lui donner d'al'gent pour payer son terme; de plus, nos ressources en natu l'e sont limitées. Avec le système que nous voulons inaugure!', la commune prendra à sa charge les enfants de cette femme; elle les nou,·rira, les enverra à l'école et les clèvera jusqu'à ce qu'ils soient en âge de tl'availler. Elle les rendra à la mère de famille. En attendant, la mère de famille pourra travailler et venir voir ses enfants quan<l bon lui semblera à l'école de pupilles. que nous allons Condel' dans le but de recueillit· les enfants dont les parents sont dans l'impossibilité absolue de les surveiller. Quant aux enfants qui viennent de naitre, nous les placerons dans une crèche, puis nous les rendl'ons à leurs parents quand ils ne les gêneront plus pOUI' leur tl'avail. Depuis plusieul's années déjà, la commune de Saint-Ouen possède une maison <le retraite pour les invalides du travail. Cette maison contient vingt lits, mais elle devient insufTisante; nous sommes ~n train d'en construire u11c nouvelle qui pourra hospitaliser soixante-dix vieillards. Les invalides du tl'avail, à la charge de la commune de Saint-Ouen, sont absolument libres et peuvent sol'tir quand ils veulent; ils ne pol'tent aucun unifOl'me et touchent chaquejou,· un prêt de cinq centimes. A !'Asile des invalides du travail, nous annexerons un hôpital qui, dans Je début, ne contiendra pas plus de douze lits. Ces lits seront rése,·vés pour les cas urgents. Nous installerons en outl'e un dispensaire où des médicaments gratuits seront dislt'Îbués. Ce dernier établissement sera pour nous une soul'cc d'économie, cal' un nr saurait croire combien l'argent est gaspillé par la fourniture des médicaments. Annuellement, la commune de Saint-Ouen paye 12.000 francs aux pharmaciens qui, cependant, nous font une réduction de 43 % sur les prix ordinaires. Quand les médicaments seront donnés par le dispensaire, ils ne le seront qu'à bon escient; nous avons la conviction de réaliser ainsi une économie de 8.000 francs pai· an, tout en fournis;;ant à nos malades les remèdes dont ils ont besoin. 1\ous allons également installer des fourneaux économiques qui seront ouverts à tout le monde. Le prix des portions sera de JO centimes. La mait'Îe déliv,·era des bons à qui en voudra, contre espèces; et si, dans la rue, on rencont,·e un malheureux, au lieu de lui donner une pièce de monnaie, on lui remettra un de ces bons avec lequel il pourra manger. Je vous ai dit en commençant que nous allions supprimer notre bureau de bienfaisance; cela est exact, mais il ne sera supprimé que de nom, il figurera toujours au budget de la commune, mais pour une somme insignifiante; nous ferons figurer sous d·autrcs articles nos dépenses de secours. De cette façon. l'administ,-ation préfectorale sera désarmée et ne pourra nous empècher de p1·océder à la transformation que nous avons l'intention d'accomplir. ;>;ousallons tout d'abord faire des essais, dit en terminant le maire de Saint-Ouen; puis, quand nous aurons obtenu des résultats, on jugera notre œuvrc. Ajoutons qu'à tour de rôle, chacun des conseillers municipaux de St-Ouen, assisté ù'un employé, se tient chaque soir de 8 à 10 heures dans l'une des salles de la mairie. Cette permanence est destinée à donner toutes espèces de renseignements aux habitants de la commune ayant besoin d'un conseil quelconque. A St-Denis, où va se tenir cette année le congrès des conseil-
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