La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISME COl\DiUXAL Quant aux employés, ouvriers et cantonniers, dont les appointements annuels ne sont pas inférieurs à 1.-!00 francs, tous, sans distinction, ne sont astreints qu'à un travail journalier de 8 heures. L'an dernier l'on a voté la désa!Iectation du bureau de bienfaisance. Les fl0.000 francs qu'il coùtait d'ordinaire à la commune, seraient. sauf un petit crédit maintenu pour la forme, consacrés à un hôpital et à l'asile déjà existant deF<invalides du travali, qui saront également subventionnés par le Conseil Général de la Seine, à une institution de pupilles de la commune - à un <lispensaire - et à des fourneaux économiques à dix centimes la portion. Quelques journaux réactionnaires se sont moqués de ces peu audacieuses innovations et ont reproché an Aocialünne en action de n'accoucher que d'une souris. Cela nous rappelle l'histoire de l'œuf de Christophe Colomb. - Vous n'y avez pas pensé, messieurs. C'est ce qni prouYe votre incapacité politique. Débarrassezvous donc de votre ironie intempesliYe, puisque YOus n'avez pas encore su transformer les bureaux de bienfaisance, lesquels, de Yotre propre aveu, sont resté::l (< un rouage administratif bien petl fécond». Enfin, n'est-il pas original que pour la première fois l'on crée des bourses d'instruction et d'éducation pou,· d'ancres que <les fils de bourgeois insuffisamment fortunés, c'est-à-clir:i qu'une commune prenne à sa charge la totalité des frais d'entretien et d'instruction d'enfants indigents, car la mai~on de pupilles de StOuen est destinée à r~ce,·oir, à nourrir, à éleYer et à instruire les enfants des indigents hor:,;<l'état de remplir leur;; deYoii·spaternels. Une fois éle,·és, les enfants seront rendus à leur famille. Pour plus de clarté, nous cédons la parole au citoyen Guinot, maire de St-Ouen : La commune de Saint-Onen dépensr, bQn an, mal an, une somme supérieure à 00,000 francs pour secoul'ir les ni;cessiteux. Mais, en distribuant ces secours au llnreau de bienfaisance, nous n'atteignons pas le but que nous nous proposons. Qui ne sait, en effet, que les personnes intéressantes, les pauv1·es honteux, en un mot Ctux qui ont véritablement besoin d'être secourus, ne touchent rien ou presque rien, tandis que des individus qu'aucune pudeur ne retient et qui sont Lien loin d'être dignes de pitié. re,oh·ent eontinuellement des secours du bureau ile bienfaisance, dont les bienfaits sont aveugles. Pour remédier à cette situation, le Conseil municipal dé Saint-Ouen a décidé la suppressiou pure et simple du bureau de bienfaisance tel qu'il a fonctionné ju~qu'à cc jour. Cette mesure qui, tout d'abord, surprendra les personnes qui n'ont pas étudié la question, est cependant très pratique. Yoici comment nous opére1·ons : Dans le cas où une mère de famill., avec plusieu!'s enfants devient veuve, elle vient nous trouver et, alléguant que les soins qu'elle doit à ses enfants

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