La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

REYUE DES REVUES lil5 Si, au lieu de s'attAcher à nous Mmontrer que le contrôle minutieux de l'Etat e-t insum:iant ponr prévenir ce dilapidations monstrueuses, M. Pareto s·était efforcé de nous montrer comment, malgré ces dilapidations, grâce à la complicité de l'Etat, ces banques ont pu soulC'nir si longtemp~ leur crédit, le travail de l'économiste italien eût été ingulièremenl plus inl~- ressant. :\lais il eut été amen(• à constater que, contrairement aux assertions de l'écc,le, l'Etat peut Nre u~1producteur de crédit, puisquïl a pu maintenir pins de quinzC' ans durant celui des banques italiennes, dont les pratiques que llou vellons de résumer remoutent à pins de vingt ans ... En tout ca , les faits nous autorisent à affirmer qur,contrairemrnt aux assertions de :\I. Pareto, les agis ement des ministres et drs dépntés qui ont épuisé le" cai-ses dC'sbanquC's italiennes n'ont rirn à voir avec les théories socialistes, et que qualifier de telles mœnrs flnancièrC's du nom de .,. socialisme d'Etat» c'est semoquer un Pl'U de ses lecleurs. :\Ialhrureu-ement, il semble que ce terme « socialisme d'Elat » soit en passede devenir le qualificatif obligé de toute pratique financière douteuse el de Loule mesure économique inepte . .\insi, Yoilà :\L Eugène Ro tand qui est appelé à LillC', par les (;nions de la Paix sociale ( Ecole de Le Play ), pour ~- faire uue conférence sur les Caissesd·Eparg-ne. :\f. Rostand est, si je ne me trompe, administrateur de la Caisse d"Epargne de Marseille, le promoteur d·un certain nombre de fondations mutuellistes, c·est rlire qu'il est un spfoialisle en la matière et que sa conférence, publiée in exten odans la RiFoR~IE Soc1ALEdu 16 avril, est des plus intére antes. Il s·e t cru obligé, lui aussi, de décocher un trait an« socialisme d'Etat Il et il a déclaré que « notre régime des caissesd·épargne est un gigantesque spécimen" de ce socialisme. Le spécimeu, s'il en est un, n'est pas beau, car le fonctionnement des caisses d'épargne en France réalise certainement le système financier de garantie aux petits capitaux le plus absurde qu'on ait jamais rêvé. Nous sommes d'accord avec )1. Rostand pour dire que payer à des capit11uxdont l'Etat n'a que faire en qualité de banquier, un intérêt supérieur à celui établi par le cours normal des capitaux co11stitueà la fois un danger et une sottise. ~fais 111. Rostand a oulilié de mentionner qu'à l"origine, le socialisme descaissesd'épargne a,·ait précisément pour but de fermer la bouche aux réformateurs, en donnant

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