La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

()08 LA REVUE SOCIALISTE A Lyon, le nommé Rosselin, employé à 1.500 fr. au service de la manutention, agent sur lequel il n'y a aucune espèce c!e mauvaise note, cont1·e lequel on ne peut relever aucun gz·ief, est par mesure disciplinaire - c'est la p:·emiéz•efois qu'une mesure disciplinaire est prise contre lui - envoyé à Tarare aux mêmes appointcmP,nts - par conséquent, c'est une disgrâce - parce q•1'il aurait assisté, étant syndiqué, à une réunion corporativ<i de la section de \'aise qui a,·ait eu lieu pour nommer un délégué au congrès des employés de chemins de fez·. A Bellegarrlc, le nommé Trocon, secrétaire de la section syndicale, organise et préside une ,·éunion syndicale, le 22 mars. à la mairie ; cieux jours après il est a,isé qu'il est déplaté sans augmentation. A :'\!mes, il y a eu une véritable hécntomùe. La rompagnie frappe, toujours sans ,·aison de seroice, sans qu'il y oit contre cinq de ceux que je vais nommer un reproche sérieux. Je m'empre&se. en effet. <leJe dire : toutes les fois que dans Je volumineux dossier qui m'a été remis j'ai trouvé à côté de la qualité de syndiqué des ,·~proches vmis ou faux adressés au point de , ue du service aux employcs syndiqués, j'ai de parti pris écarté ces dossiers.li ne faut pas qu'il y ait d'équivoque : nous n'avons jamais soutenu, et je ne viens pas soutenir ici que les syndiqués doivent ètre inamovibles ; je dis seulement et je soutiens que les compagnies font œuvrc odieu~e 1oz squ'elles frappent des employé• parce qu'ils sont syn,Iiqués. (Applaudissements d gauche.) Je dis qu'à '.'\îmes, sans raison sérieuse, sans qu'un repl'Oche sur leur sei·,·ice pùt leur ètre adressé, on ne s'est pas contenté de déplacer un syndiqué, comme le nommé Dalveny, auquel on a fait subir toutes sortes de vexations dans le détail desquelles je ne veux pas entz·er parcJ qu'il serait fastidieux et qu'il est très diflicile c!e prouver chacune d'elles; mais on a déplacé en même temps le trésorier de la section, nommé Brenac, et les deux receveurs Barizer et Labrot. On a fait plus : on a déplacé le secrétaire de la section à Nlmes, nommé Bonnet; on l'a envoyé de :'\!mes à Clermont-Fen·ancl. Ici se place un détail sur lequel j'appelle l'attention de la Chambre. Le nommê Bonnet était dans des conditions telles, par sa situation de famille, qu'il n'a pas pu accepter son déplacement et quïl a été forcé de donner sa démission. C'est ainsi que par la mesure du déplacement les compagnies ne se contentent pas de i·endre absolument vaine la loi de 1884 sur les syndicats professionnels; elles vont plus loin, elles font d'une pierre deux coups ; elles ne l'envoient pas les syndiqués, car si elles les renvoyaient, vous avez vot.é en 1890 une loi qui modifie l'article 1780du code civil et qui permettrait à ces ouvriers renvoyés sans motifs de s'adresser aux trilmnaux et, peut-être, d'obtenir des indemnités. Aussi, on ne prend pas le moyen franc et net de renvoyer des ouvriers dont on ne veut plus : on leur impose un déplacement qu'on sait qu'ils ne peuvent pas accepter, on les renvoie sans l'avouer, on les force à démissionner, et ainsi on se met à l'abri des revendications possibles de ces derniers tout en atteignant le but qu'on se propose : débarrasser la compagnie d'agent, qui ont la prétention de défendre avec leurs camarades les intérêts professionnels. Tels sont les agissements des compagnies. Je n'ai plus, messieurs, qu'un seul exemple à vous citer. JI s'est passé dans les sections de Genève, Bellegarde et Ambérieux. Trois sections étaient en formation. A peine sont-elles constituées qu'immëdiatement la compagnie déplace les nommés Blanc, secrétaire de la section, qu'elle envoie à Thiers, Durand à Cette, Gagneux de Culoz à Modane, en même temps qu'elle remet hommes d'équipe les nommés Michaud et Fol-

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