LA QUESTION SOCIALE DEYAXT LES CORPS ÉLUS G09 liet, brigadiers, qui, comme leul's camal'ades, avaient commis le crime d'être syndiqués et de participer activeuient, comme c'est, j'imagine, leur droit, au mou,·emPn t syndical. Je demande pal'don à la Chambl'e de l'énumération que je viens de faire. (Mais non! - Parlez I parle,. 1) Je crois qu'elle est plus éloquente et plus démonstl'ative que toutes les phl'ases. ( T,·és bien ! très bien ! à gauche.) J'ai voulu établir que nous ne lanc;ons pas des affirmations vaines quand nous disons que les g1·andes compagnies de chemins de fel' ont organisé et mènent une vél'itable campagne contre les syndicats. Apr.'>s Millerand, le citoyen Jourde a pris la paro!P: Il a donné une preuve convaincante du mauvais ,ouloir des Compagnies de Chemins de fer. ~ om; reproduisons ci-dessous cettp partie de son discours. M. Jourde. - J'ai l'intention d'entretenir la Chambre et M. le ministre, de la question des retraites des ouvrie,·s et employés de ~hemins de fer. i\lais, arnnt d'abordel' cette partie de l'interpellation, permettez-moi, messieu1·s, de ,·ous donne,· connaissance d'un document qui corroborera absolument tout ce que notl'e éloquent et sympathique collègue )1. 11illerand ,·ient de dire. Je crains que vous ne soyez surpris, et que la première impl'ession que vous ressentil'ez à l'audition de ce document ne soit une impression de scepticisme. tant il est pyl'amidal, passez-moi le mot. Je me place donc sous l'autOl'ité de ~r. le ministre des tl'avaux publie,s qui, au moment où ce document a été produit, <'Stinte,·veuu pour le faire retirer. Ce document date de l'année dernière. J'en donne lecture à la Chambre pour lui faire connaitre l'esprit qui anime les directeurs et les administmteul'S à l'égar,l de la !oi sur les Syndicats professionnels des ouvriers et employés de chemins de fer. Il a été lancé à la veille du Congr?s des employés de chemins de fer qui s'est tenu à Paris l'annce dernière. Un membre. - Par quelle compagnie"/ )1. Jourde. - Par la Compagnie du 11idi. Je m'adresse à tous mes collègues sans exception de parti, et je suis persuadé que tous nous serons unanimes à condamne!' de pareilles pratiques employées contl'e une loi qui a été votée par le Parlement : (Confidentiel). Mon cher camarade, « Pal'is, le 9 juin 18ll2. « Je viens préciser et compléter ma lettre confidentielle d'hie,· ... • (Ici, des lettres et des numél'os indicatifs. La Chambl'e comprendra pourq_uoije ne les donne pas; ils feraient connaitre la bureau auquel était destmé ce document.) « Ainsi que je vous le disais dans cette lettre, il y a lieu tout d'abol'ù de refuser les c-on~és et les facilités de circulation qui seraient demandés pour aller à l'assemblée générale des syndicats, tenue à Paris le J;J courant. Mais, en outre, toutes les fois qu'il se pl'ésentera pendant cette J>él'iode une demande de congé et de facilités de circulation à destination de Paris ou des environ& de Paris, il conviendra de faire appeler l'agent pour lui demander quel est le but de son voyage." M. Viette, ministre des travaux publics. - Cette lettl'e a été l'etirce par le directeur, sur mon intervention. M. Joul'de. - Je J'ai dit, M. le i\linisti·e, j'ai dit cgalement que je me plac;ais sous votre autorité pour faire accepter cette lettre par la Chambre, qui aUt·ait pu la croire apocl'yphe. 39
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