La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

571 L.\ REVUE SOCIALISTE Jla,·111' (Blois) Smalegange : Ch1·onù1uf' de Zélande. Fahne : Hi.~- toir(' dt'8 jrw1il/1's ,wbll's df' Colognl'. Clèue, Berg. (Heberle, Lcmpcrtz. Cologne 1818) et les actes officiels de la fondation de la famillr de IJénot ù Cologne. (Kôllll'r St11dienst1jtung). La maison de Blois-Chàtillon possède, comme presque toute la vieille noblesse de Champagne, le privilège de transmettre le nom et les armes par les femmes (noblesse utérine), privilège conféré par le roi Charles le Simple après la bataille de Fontenay (811), laquelle fut si meurtrière pour la noblesse de cette province, qu'il le jugea nécessaire pour relever les familles de ces braves. Cc pril'ilègc, parfois attaqué dans le cours du temps, fut toujours confirmé ù nouveau et pour la dernière fois par l'article G2de la Charte de 1830, époque depuis laquelle il n'a plus été contesté. L'histoire de la famille de Blois est des plus dramaiiques. Si nous en avons donné ici un aperçu, c'est pour montrer combien le souvenir de tant de grandeurs, joint à de si immenses adversités, devait contribuer à développer les idées philosophiques chez un homme d'nn earactère aussi sérieux et réfléchi que Ritlinghausen. C'est ù cette origine qu'une grande dame du pays de Liège attribuait un jour son goùt si prononcé et jamais démenti pour l.'.1.1,olitiqùe<, ·nlui appliquant le proverbe: E11fa11t dr•chat 11i1111• â 1,w11!Jt'I' smn·i.~. Doué d'un esprit supérieur, d'une érudition brillante, d'une logique implacable et mathématique, d'un zèle infatigable, d'une volonté de fer et d'un courage indomptable, il voua sa vie principalement à l'élude des sciences sociales, et jeta le gant à tons les préjugés qui tiennent l'humanité sous leur joug depuis des siècles. Il mit son vaste sarnir et toutes les aspirations de son àme au service de cc combat, sacrifiant la carrière bien plus avantageuse qu'il eut pu espérer gràce à ses hautes facultés et à son origine, q1ti lui eût assuré de puissantes protections, s'il eut mis ses talents au service des classes dirigeantes, au lieu de les vouer à la cause des faibles et des vaincus. Il sacrifia ainsi son bonheur à ses opinions, cat· toute sa vie ne fut qu'un combat et une longue abnégation. 'font jeune encore pendant les années qui précédèrent la révolution de 1818, alors que le mécontentement avec toutes les choses existantes, et un vague désir d'am<-lioration, fermentait dans toutes les tètes, il émettait, comme publiciste, des plans précis et des demandes pratiquas. préconisant l'établissement et l'exploitation rles chemins de fer, des banques et des sociétés d'as8urances par l'Etal.

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