La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

MAURICE RITTIXGHAU8EX 5i5 Peu de temps après la construction du premirr tronçon de voie fcrrt'e sur le continent. il démontrait dans une brochure allemande intitulée : 8111'l'o1·gru1i8rtlio11 de l'indusll'Ù' d'Etat. de quelle immense utilité cette nouvelle invention pouvait être pour l'amélioration du sort des classes ouvrières, si l'Etat faisait construire et exploiter les chemins de fer lui-mème, an lieu de les céder à Jcs sociétés d'actionnaires. De mème il s'élevait contre le privilège accordé aux banques particulières d'i>mettre du papier-monnaie. Lassalle émit les mémes idées 15 ans plus tard. :\lais ces principes qui commencent à gagner du terrain aujourd'hui, alors que le gouvernement prussien lui-mème c-t entré en partie dans cette voie, n"élaicnt null<'mcnt compris, ù cette époque. Cependant Rittinghausen ne cessait d'écrire sur desqurstions de droit, d"économie politique, de philosophie, d'histoire et <'ngénéral sur tout ce qui louche aux sciences sociales el politiques. Il fut, avec Karl ~Jarx et Engels, un des fondateurs de la .Yrml"dlf' Gw:f'flt' du Rhi11. Apri,s l"abolition de celle-ci, il fonda, avec le docteur Hermann 13ccker, le· mèmc qui dans le grand procès des communistes fut condamné ù 5 ans dr forteresse, (cc qui ne rempèchà pas de mourir an poste lrès-éleYé de premier bourgmestre de Cologne), la Ooz,,ftr• d,· /'_1/l1•111ug1u• df' /'0111'8/ (W1•strlr-11/8rh1Z•1•it1111r;). Riflinghau en eût toutefois la précaution de signer de son nom tous les articles qu'il publia dans cc journal, ne ,·011lanl pas être responsabic des atlaq11cs violentes que Becker se permettait sans rrssc contre les personnes. En mème temps quo par la plume. il chccchait ù propager ses idées par la parole dans les clubs et les assemblées politiques fort en vogue dans cc temps, si bien qu'il !'.•taitun des orateurs les plus connus des bords du Rhin, quand survint la révolution de 1818, cc qui lui valut un mandat pour le l'arlrmcn t de Francfort { rol'J1a r/1'/llf'III). Rittinghausen se.crut bien près alors de voir ses espérances réalisées, c'cst-ù-dire une Allemagne unie sous une forme démocrati'I uc. :\lais il ne tarda pas à être détrompé. Celle assemblée élu6 librement par tous les peuples de langue allemande sans aucune participation de la part des Princes, et contre leur volonté, se sépara sans avoir profilé du pouvoir qu'elle amit eu en mains et sans en avoir constitué un antre qui pût la remplacer. Eile assura par cette bévue et d'autres le triomphe de la réaction. En vain Rittinghausen dit en plein Parlement : « En 1815, quand l"Allemagne reconquit son indépendance, le premier devoir était de créer un pouvoir central, une Constitution pour tonte

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