La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA Mt'rHODE EXPÉRIMEX'rALE 5(iï bre. A leur tour les réforme::; économiques accomplies immédiatement sans que se perfectionne le mécanisme politique, seraient. compromises et viciées, bien qu'à tout prendre elles seraient préférables à des réformes politiques isolées. Les réformes économiLJUesdoi,·ent accompagner les réformes politiques, puisque eellesci n'ont de sanction que dans celles-lit. - Du mouvement inverse, il résulte qu';t mesure que l'individu acquiert plus de liberté comme citoyen, il perd plus de sécurité comme productenr et comme consommateur. Or, qu'est-ce que la liberté, quand les moyens de l'exercer manquent au plus grand nombre !" La vraie méthode serait d'organiser la production et la répartition des produits d'une n1anière plus équitable et le reste.- c'est-à-dire les réformes politiques - nous viendra par surcroît.- D'ailleurs c'est là la tendance même du mouvement socialiste moderne. - :Nous observons que le travail intensif qui nécessite l'emploi d'efforts collectifs, c'est-à-dire associés et combinés se substitue partout au travail isolé, indiYicluel ou familial. L"expérience nous apprend que les crises naissent de la séparation des deux facteurs essentiels de toute vie économique : le tra-..ail et le capital, qui n'est lui-même que du tr,n-ail cristallisé. Or, il est naturel de tendre à supprimer l'insolidarité afin de créer la sécurité. Et, pour cela, il n'y a pas besoin de ùriser le monde de la production moderne. D'autres essais minimes sont aussi superflus : une substitution de personnes, faisant du producteur un consommateur, suŒitpour atteindre ce résultat vers lequel tendent it la fois la transformation de l'outillage industriel, le besoin de sécurité, le sentiment d'égalité des foules, et nos efforts conscients )). En fin de compte, la méthode <>xpérimentale elle-même s'oppose à ceux qui voudraient restreindre son domaine d'application. Et, si un individu, monté plus haut que tous les autres, ou si une classe de la société seule, malgré sa bonne volonté, n'a pas la compétence suffisante pour employer la méthode expérimentale, c'est un argument de plus pour nous eonvainere, que, dans son application aux phénomènes sociologiques, cette méthode doit clevenfr de plus en plus collective, comme c'est aussi l'avis de 1\1. Degreef. Alfred Fouillée a fortement appuyé la même opinion et Fr. Engels a raison, me semble-t-il, quand il affirme qu'il est impossible à un seul homme, quelque soit son génie, ou à une classe quelconque, de résoudre d'une manière satisfaisante les complexes problèmes sociaux. D'un autre eôté, je crois que toute intelligence raisonnable doit être de l'avis de La Science Sociale contempo- ,·aine, quand elle dit : « Pour avoir dans l'Etat le minimum de servitude, d'inégalité, bref, le minimum de fatalités et de contraintes, il faut que l'autorité sociale soit instituée par la

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