La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

562 LA RE\'UE SOCIALISTE prunte la description suivante, à l'important ou nage dè Stepniak, /.,n Rllssif' sous ll's Tzars : « Sur une des places ùe la ville <le Xovgorod, aujounl'hui <lépenplée, l'étranger vo}t encore le lieu uù jadiR, au coup de la grancl'clocho qui y était suspendue, se rassemblait le peuple souverain. Tout le monde avait indistinctement le droit de tirei: la corde de cette cloche sacrée. Chaque citoyen avait qualité pour convoquer le <<vctche » et l'appeler immédiatement it délibérer sur une question personnelle ou une proposition intéressant le bien public ou l'Etat. Le peuple était le maître, il avait l'autorité clu despote, quelquefois violent, irascible, mai,; toujour,; noble et généreux, comme ces rois orientaux dont parle la l{•gende et qui étaient les pères <lu pays, ;;ans cesse accessible;; au pins humble de lem·,; ;;ujots, toujour,; prêts it redresse1· Je;; torts et iL faire expier chèrement les offenses commises par les g1·,11Hle,;t les puissants. Per,;onne n'eùt, il est vrai, osé troubler, pour un motif futile ou inopportun, le repos du lion endormi, mai,; per.➔Onne aussi ne pou rnit empêcher le dernier des citoyens <l'en appeler au peuple, de porter plainte devant lui de l'injustice dont il se croyait victime, de forcer son agresseur, quel qu'il ftît, pm;:Hlnik ou prince, it comparaîtra et à, se cléfendre. - Ce qui rend les anciens ,·etches tout :'t fait différents tles autres assemblées tle ce g.Jnre, c'est l'absence complL•te de tout système <leRct·utin. Dans tonte!' les autres rÉ>publiqueR, quelques librès ou démocratiques qu'elle,; soient, à Sparte, it Rome, ;\ Athènes, it Florence, le vote <'xiste t1·une manil'.•re ou d'autra, et le principe qui oblige la minorité it s'incliner dernnt les vœux cle la majorité sert de basP it la proc:•dur..i politique. Or, le Hlave sa refuse par nature à souscrire à cette loi. En eff.Jt, chez tous le;; peuples de r<Lce8lave, qui eurent cles institutions nationales, libres et pures de tout mélange, nous trou von,; in variablement la décision à l'unanimité, comme la s.;ule acceptée par la conscience populaire. - :Maintes foi:- on en venait aux mairn;, mais, le plus souvent, s'il se trouvait des opinions différc>ntes sur quelques questions, on cédait à la modér,ttion, on trou ,·ait des moyens de conciliation : les différends se réglaient par la per~uasion et par les concessions J'éciproques. Le natnrd <loux et docile du 8lave pranait le do~sus et renùait posHible dans une JargJ me;;ure l'application d'tm pl'incipe basé• sur 1111 s:>ntiment incontestablement généreux: le respect du droit titi:; minorités, qui est, comme l'affirme un éminent publiciste anglais, le fon<lement <lela vraie liberté. J> Certainement c'étaient dos conditions spéciale8 qui maintenaient l'existence d'une telle organisation. En face du développement technique et <le la complexité des besoins moùerne;;, peutêtre la prétention de résoudre les différents intérêts sociaux d'une

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==