LA MÉTHODE EXPÉRIMES'.l'ALE 561 et un exposé des lois élaborées par le grand Conseil pour être soumises à la ,otation populaire. Généralement, quinze jours ou un mois avant la réunion, les électeurs ont reçu à domicile le tcxtP imprimé des projets sur lesquels ils auront à délibérc>r. " Dans son livre La Suis.ç(' Co11t('mpo1·ai111•, Hepworth Dixon décrit d"une façon pittoresques une de ces assemblées populaires, écoles de la liberté helYétiqne: « A une portée de fusil de Bürglen dans le i::lchachenthal, où naquit Tell et où s'élève la chapelle consacrée ,·L sa mémoire, auprès trun pont sur le Schachenbach, entre la route et la rivière, se ti·ou1·eune prairie où, depuis des siècles, s'asAemblent les hommes d'Uri pour clélibérar sur les affaires <ln canton, "C'nefois par an, le premier dimanche de mai, alor,; que SOtl\"ent encore la neige cou\Te le sol, que la Reuss charrie des blocs de glace, le landammann <l'"C'risort.cL\.ltdorf accompagné d"une carnlcade: quelques troupes cantonales,-la musique et la bannière clu canton, une immense tête de tauraau, portée par des huiRsier,; en vêtements jaunes et noir,;; deux hommes en costume Ruisse antique, qui portent les deux célèbres comes, blason d"Uri. Les hommes <l'.\.nllermatt et de Vasen:descenclent de la nlléc supérietll'e Je la Reuss : ceux cle·Brison et de Rtossi Yiennent par le }faderanerthal: ceux de Bürglen et:cle ~piringen s·aYanccnt par le Schachenthal : ceux de 8eedorf et de d'Attinghausen trarnrsent la Reuss: chaque citoyen c1'"C'riâ,gé tle vingt ans et n'appartenant pas au clergé, est obligé de se rendre it l'as;;emblée. On construit une estrade dans le··champ: on élè1·e les corm's de taureau ; la trompette résonne)t, lc; landammann prend le siège de la préHiclence. Cette session d"trn;jour commence alors. Un huissier lit la liste des sujets à discuter: quelque régiment à compléter, une route à faire, un torrent à;endiguer, une coupe de bois à décréter, un impôt à établir, un officier à punir, quelques lois pem-être it modifier. Tout citoyen peut prendre la parole. On écoute son plan. Le scrutin est ouYert et on vote en leYant la main. "C'nprojet est Yoté, un antre ne l'est pas.'ll n ·y a pas d'appel. Quand on a tout voté et que les affaires sont terminées, les rois d ·u ri étanchent leur soif avec de la;bière, démolissent leur estrade, et chacun s'en Ya chez soi en fumant sa pipe et en chantant des airs patriotiques.i, On peut se figurer tous dans quelles dispositions se trouvent des hommes qui_:ont de telles traditions. Les autres régions ont d'autres administrations, une sorte de régime représentatif, dont ils tirent des avantages non moins précieux. Et, puisque_ nous sommes engagés dans cette voie, je veux aussi montrer,'. par -un exemple, comment, dans les auciennes républiques russes les hommes entendaient se conduire. J'em36
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