558 LA REVUE SOCIALISTE comp!No la ba,;e de la méthorle expérimentale, c'est l'assentiment général. 8i à l'obsdrrntion il faut ajouter l'expérience, ces doux moyens cloirnnt être c:omplétés par un troisième : l'assentiment. Les réformes politiques réclament impérieusement leur soumission au vote des intéressés. Dans la biologie, l'observation et l'expérience peuYent suffire, car dans ce domaine nous n'avons. que deux milieux: cosmique et physiologique. Quant à la politique, l'asRentiment do la foule est absolument nécessaire, pour hiter les déperditions de forces et le désordre qui pourrait naître du mécontentement des uns. lei l'essai de réforme opère sur nos semblable~, Rur nous, et sur des hommes surtout sur des hommes civilis<''Ho, n nC'Haurait expérimenter de la même manière que sur des autres NreH ,·ivants, par exemple que sur des lapins ou sur des cobayeH; on ne ~aurait pas non plus employer en,·ers les hommes les mêmes p1·océdésqu·envers les métaux: l'expérimentation d'ordre soc:ial no sïmposc pas, elle se reçoit. Dans la politique nous a,·ons un milieu nouveau dont il faut tenir compte: le milieu cért'bral ou intellectuel. Pour ceux <1ui ,·oudraient écarter la méthode expérimentale de la politiqnC', sous prétexte que la spontanéité vitale sera toujours nn ohstacle insm·montable à l'application d'une pareille méthode, je croi~ qu'il 1rnffitd'opposer ceci: « )Ialgré la spontanéité dont ils jouissent, los êtres vivants ne sont pas indépendants des influences <lu monde extérieur, et leurs fonctions sont com;- tamment li{,e~it (loH conditions qui en règlent l'apparition d'une manière détermin{>e et nécessaire. Autrement il faudrait reconnaître qu'il n·y a pas de détP1·111Î11i8mr possible dans les phénomènes de la ,·ie ». Dans ses ou 1Tages l'J11trodlll'lion à la Jiédf>- ,·i11f> et La ScÎl'IU't' t'J'f1Ùi111f'nfctlf', Claude BC'rnard démontre péremptoirement l'inanité d'un tel prétexte. La méthode expérimentale est d'autant plus justifiée, que, basée sur le déterminisme des phénomènes, elle apporte une influence raisonnable et bienfaisante dam; la politi11uo.Et, j'oserais dire que, s'il y a un domaine où la méthode C'XJ)l'rimentale est impérieusement réclamée, c'est dans la polifü1ue. Quant à l'objection faite par J. S. ~Iill, que« l'expérimentation est imposHible dans les sciences sociales i>, et à celle formulée par A. Bain, que « l'application de la méthode expérimentale est difficile au plus haut degré en politique», outre les réfutations faites par des penseurs compétents, :Mill et Bain, eux-mêmes, ont considérablement amoindri la portée de leurs objections. Ceux qui voudraient s'en convaincre, n'ont qu'à consulter leurs ouvrages de << Logique ». 31aintenant, ce que la classe dirigeante connaît de la méthode
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==