LA MÉTHODE EXPÉRIMES1'ALE expérimentale et le souci qu'elle a de l'assentiment général, elle le montre chaque jour. Les faits sont si éclatants qu'en insistant je risquerais d'en amoindrir l'éloquence. Et nous allons voir it quelles conclusions bizarres aboutissent ceux qui ont quelque,-: connaissances. " • . D'après les considérations générales esquissées prJçédemmen t, peut-être fandrait-il sui ne le dé,·eloppement de q uelq ueHcas qui ont illustré la méthode expérimentale dans le cours de l'histoire. )fais, je crois, qu'un autre chemin pourra aussi nous mener à l'éclaircissement de notre sujet. D'abord, l'objet de la méthodt• expérimentale dans la politique, se trouve dans l'objet qui caractérise la politique elle-même: résoudre les questions d'intérêt commun, c'e~t-à-dire les questions sociales, conformément à la marche normale des chosJs et à l'assainissement général. De là, la nécessité de proclamer comme un principe fondamental : « rassembler lPs documents que fournissent l'ethnographie, la statistique, l'observation comparée de peuples ci \'ilisés: en cléduil'e les lois naturelles de la sociologie; Yérifier l'exactitude de ces lois et en rechercher l'application par le sy,;tème des législations séparées et temporaiNs ». Les lois relatins à la tran,;mission de la propriété, connues sous le nom d' « Act FoJTens », à la propriété des femmes mariées, au désétablissement de l'Eglise Anglicane, en Angleterre, sont les fruits Je la méthode expérimentale. En obsen·ant qu'une expérience a des bons résultats là où elle est appliquée, dans une région quelconque, qu'elle répond à un besoin social prouvé, re~oit d'abord une sanction temporaire, et, après une application plus longne, elle acquiert même la stabilité. Les autres régions l'adoptent, sans avoi1· nnl besoin d'nne contrainte extérienre. C'est très facile à comprendre: ccUne loi temporaire offre bien des avantages. Si elle est bonne, les législateurs la prorogent ou la rendent permanente avec nnt' conscience éclairée et tranquille; si elle est mauvaise, ils abandonnent sans remords, puisqu'elle n'a guère en le temps de nuire: mais ponr jt.ger si la loi est bonne ou mau \'aise, il faut avoir l'occasion d'en étudier les effets. Quand le Parlement est, à l'expiration d'une période d'essai, tenu d'exprimer un nouveau vote, il se trouve en présence d'une enquête sérieuse. L'opinion s'est émue; les ligues ont formé des dossiers; la presse les a publiés. Promoteurs et adversaires de la loi soumise à la révision apportent à la tribune leurs arguments, qui ne sont pins cette fois basés sur des raisonnements ou des hypothèses, mais sur la réalité des faits constatés. La décision prise émane donc d'une connaissance dtl sujet plus approfondie qu'elle n'était d'abord. »
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