La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

556 LA REVUE SOCIALISTE différentes. La conclusion entre un néphaliste et un économiste, reproduite par la Politique f'.171érimentale, relative aux résultats de la fermeture de cabarets le dimanche, en Angleterre, en est restée un exemple cél/>bre. L'expérimentation apporte son concours à la méthode. Le savant complet ne sépare pas l'observation de la pratique expérimentale. D'après l'opinion des hommes compétents, le savant ou notre politicien conscient, constate un fait: c'est l'observation. A propos de ce fait, une idée naît clans son esprit: c'est l'hypothèse. En vue de cette idée, il combine et réalise les conditions nécessaires à la production du fait observé : c'est l'expérience, c'est-à-dire la vérification de l'hypothèse. De cette expérience résultent de nouYeaux phénomènes qu'il faut observer. Claude Bernard trace admirablement les règles de la méthode expérimentale. Résumons en peu de mots, d'après lui, l'esprit et les caractères de cette méthode : Tout phénomène a une cause, une cause naturelle. Si cette cause cesse d'agir, le phénomène disparaît: si elle revient le phénomène se reproduit nécessairement. Dans des conditions identiques le phénomène est identique; q nand les conditions changent, le phénomène change aussi. C'est ce y_ue Claude Bernard appelle le déterminisme des phé11omènes. La relation déterminée entre deux phénomènes est une loi 11at1irelle. Cette loi est complète quand elle fixe numériquement les relations d'intensité entre l'effet et la cause, comme, par exemple, la loi de la pesanteur qui indique que les espaces, parcourus par un corps tombant librement dans le vide, sont proportionnels aux carrés des temps écoulés depuis le commencement de la chute. La connaissance des lois naturelles est le but que se proposent les <liverses sciences. Le n·ai savant sait que les causes premières, ainsi que la réalité objective des choses, lui seront à jamais cachées, et il ne cherche à connaître que les relations. Pour parvenir à cette connaissance, le savant doit avoir l'esprit douteur. Il doit clouter de lui-même et de ses interprétations; il ne doit considérer les principes desquels il part, de même que les conclusions auxquelles il arrive, que comme des vérités relatives. 11 doit être prêt à renoncer à toute idée préconçue si le résultat de ses recherches lui est contraire. Son esprit doit être passif en face de la nature ; il ne doit conserver inébranlable qu'·une seule conviction, c'est le déterminisme des phénomènes. Préparé par cette disposition salutaire, le savant observe les faits. Mais l'observation seule peut suffire à l'astronome, les phénomènes célestes étant les plus simples de ceux qui se présentent

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==