530 LA REVUE SOCIALISTE vent l'oun-ier n'est pas capable de soutenir ses forces pendant dix heures et !IL "'right du Massachussets, dans un remarquable plaido)·er nous démontre que d'après l'enquête approfondie à laquelle il s'est liYré, les manufactures de coton où on ne travaille que dix heures produisent autant par ouvrier que celles où l'on travaille douze heures par jour. Il ajoute que les salaires sont aussi Mevés et même plus élevés dans les premières que clans les secondes. Il reste à savoir, dit-il, si la même chose continuerait à exister :wec la jom·née de huit heures ou de neuf heures ; en tous cas, si la réduction des heures de tr<1vailavait pour effet de rendre la production plus stable, elle serait un bienfait non seulement pour les employés mais aussi pour les patrons. » Tels sont les arguments invoqués par les Chevaliers du Travail et par les partisans de la journée de huit heures. A ri iclP 22. - << De persuader les patrons de s'en remettre à rarbitrage pour la solution de toutes les difficultés qui peuvent surgir entre eux et leurs employés, de sorte que les rapports sympathiques entre eux soient raffermis et les grèves rendues inutiles.» Cet article n'est en somme que la répétition de l'article 10 . que nous avons analysé précédemment, aussi ne nous y arrêteronsnous pas plus longtemps. Cet article est Je dernier de la déclaration de vrincipes des Chevaliers du Travail. Il ne nous reste plus qu'à porter un jugement d'ensemble sur cette puissante association, et nous nous plaisons à constater les résultats prodigieux qu'elle a obtenus et l'influence excellente qu'elle a exercée sur les ouvriers. Protection de l'enfance et de la femme, éducation morale du travailleur ; toutes les questions sociales elle les a étudiées et y a apporté un réel désir d'entente et une grande profondeur de vues, trop grande même, car nous avons une très grosse critique, une objection fondamentale à lui opposer. Les Chevaliers proclament sur tous les tons que leur but est <l'instruire l'ouvrier; nous ne saurions les en blâmer, mais nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer qu'ils ont l'air de considérer le problème comme résolu et qu'ils agissent absolument comme si l'éducation de l'ouvrier était parachevée. En effet, ils ne veulent, disent-ils, que s'occuper des intérêts de la masse, et font fi des sentiments d'égoïsme qui animent la plupart des autres associations. C'est là un fort beau langage, mais en même temps bien peu pratique, car il n'est pas à la portée de toutes les intelli-
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