LES CHEVALIERS DU TRA VAIL 54!1 aratoires dans l'Ouest qui emploie aujourd'hui 600 ou.riers et qui en employait 2,41.5Ionique le travail se faisait à la main. Il ajoute que pendant que l'industrie américaine fournit de l'occupation à quatre millions d'ouvriers, on en trouve plus d'un million sans ouvrage. Si les heures de tra1·ail étaient dimi11uéesd'un cinquième, un grand nombre de ces désœuvrés auraient de l'occupation. S'il faut en croire le professeur Rodgerti, les ouvriers au XV• siècle n'étaient tenus qu'à huit heures de travail. Assurément le XIX• siècle, avec tous les perfectionnements mécaniques dont il s'honore, ne devrait pas exiger un tra mil de 10 heures par jour. En Australie depuis 1856, la journée de huit heures est généralement adoptée. Tous les ans on y commémore l'établissement de cette mesure. En vérité il paraît assez difficile de rester en arrière de ces colons des antipodes. Dans plusieurs Etats de l'Union américaine, la loi établit la joumée de huit heures dans toutes les manufactures où l'on travaille pour le gouvernement. En Californie on va plus loin : on force toutes les corporations municipales à stipuler dans les contrats qu'elles accordent (1ue les ouvriers employés pour l'exécution de ces contratti ne soient asfreints qu'à huit heures de travail par jour. Le Congrès a aussi adopté une loi dan;-;laquelle il décr~te que huit heures constituent une joumée suflisante pour tous les ouvriers et artisans employé,; par ou J-OUrle gouvernement des Etats-Unis. Il a été démontré que la réduction des salaires n'était pas la conséquence nécessaire de la diminution des heures de travail; cette dernière même a fait souvent augmenter les salaires. Et cette Yérité, qui pourrait paraître un paradoxe, s'explique par ce fait qu'un moins grand nombre d'ouvriers rescant inoccupés, la concurrence a diminué. Une des raisons qui militent surtout en faveur d'une adoption générale <le la journée de huit heur~s est qu'un des devoirs les plu&sacrés d'un Etat consiste à perfectionner les citoyens et à les instruire. Ces deux nécessités ne peuvent être obtenues qu'autant que les ouvriers auront le loisir d'étudier. Un certain nombre de patrons répondent q u'ayec la loi des huit heures la production deviendrait insuffisante. L'argument est facile à relever; nous avons déjà constaté que le nombre des ouvriers sans travail c\imi~uerait de cette façon, mais en supposant que le patron ne veuille pas augmenter son personnel et qu'il ait réellement m;1eréduction clans la production, le malheur serait bien léger, car on a pu constater universellement, qu'il y avait excès de production. Reste à. &'\voirs'il y aurait réellement cette réduction car sou-
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