518 LA REVUE SOCIALISTE De même que les associations ouvrières du monde entier, les Chevaliers réclament la journée de huit heures de travail. Sans aller jusqu'à prendre parti dans cette grande querelle entre les ouvriers et le capital, nous allons en profiter pour jeter un coup d'œil sur les progr~s qui ont été faits clans cet ordre d'idée au Xou veau-1foncle. Le mouvement parmi les ouvriers pour avoir une diminution des heures du travail a pris, dans ces derniers temps surtout, une extension considérable. Déjà, de nombreuses associations ont pu, grâce à l'excellence de leur organisation, obtenir de notables réductions ; celles-ci eussent été encore plus importantes s'il n'y avait eu entre les différentes associations ouvrières des di\·isions fâcheuses ou des luttes intestines. Une remarque, justifiée par les statistiques, établit que l'ivrognerie est plus fréquente chez les ouvriers qui travaillent pendant un plus grand nombre d"heures et qui sont mal payés que chez ceux qui travaillent moins longtemps et yni ont des salaires plus élevés. Le nombre de ceux qui pensent que la division naturelle d'une journée consiste à consacrer huit heures au travail, huit heures à l'étude et à la récréation et huit heures au repos s'accroît de jour en jour. Il est vrai qu'un certain nombre cle patrons et de capitalistes sont hostiles à ce mouvement; mais toutes les tentatives <l'améliorer le sort de la classe ouvrière ont toujours rencontré une opposition violente. Yoici ce que dit le professeur Roclgerd dans son excellent traité sur << Le Travail et les salaires » : « Les patrons ont toujour;; prétendu que l'augmentation des s,laires des ouvriers serait la ruine des grandes industries du pay:3.Ils ont toujours opposé une vive résistance à toute demande des ouvriers, lorsque ceux-ci ont réclamé le droit de former des associations, la restriction du travail des femmes et des enfants, la diminution des heures de travail, l'abolition des taxes, la protection des ouvriers contre les accidents, et, après avoir nié la liberté de contrat pendant des siècles, les voici qui font maintenant appel à cette liberté. » Il est nécessaire, disent les Ch()valiers, de réduire les heures cle travail à cause du grand nombre de machines dont on se sert maintenant pour remplacer les ouvt'iers. Bien que ces machines soient en elles-mêmes précieuses, elles ont pour premier effet de priver d'emploi un certain nombre d'ouvriers. Il en résulte que la canière ouvrière est constamment troublée et qu'un grand nombre de travailleurs ne peuvent pas trouver d'emplois rémunérateurs. Dans un rapport adressé au gouvernement des Etats-Unis, M. Carroll D. Wright cite le cas d'une manufacture d'instruments
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