LES CHEVALIERS DU TR.AY..\IL 5-H voient ùans l'ouvrier qu'un être taillable et con-éable à merci. Tl ne faut pas oublier que le travailleur est l'auxiliaire indiRpensable ùu capital, qui, sans lui, resterait improductif: les gr<,,;béné-tices, la richesse d'un pays, c'est lui qui les crée à la sueur d(' son front. Comment, dans ces conditions, lui refuser certains bt'.·néfice;;dC> son traYail et ne pas lui accorder les loisir:; nécessaires pour développer les forces intellectuelles qui en font un être moral ? C'est un devoir pour la soc:iété et pour les patrons <l'aider à l'éducation des classes ouYrières, de multiplier le,; écoleR professionnelles; aussi ne pouvons-nous que nous associer à la demande formulé(;' par les Che.-aliers de !'Ordre. A1·tirl(, 3. - « L'établissement d'tm bureau de statistiquf> de travail, afin que nous puission_s arri ,·er à un aperçu correct cle l'éducation et de la condition morale et matérielle des classes ouvrières.» Rien ne nous semble plus légitime et plus justifiable que ce vœu. Il a du reste été exaucé dans certains pays, et tout récemment en France, l'établissement d'un bureau de statistique de tra-niil était décidé. Il est à peine besoin de signaler l('s trè;;;nombreux senices que peut rendre. une pai·eille institution. X'cst-ce pas l'unique façon de constater les améliorations et celles qu'il reste à obtenir ? Bien mieux, l"ouvrier pourra y trouYer de p1·éeieux renseignements concernant J"offre et la demande sur les différentes parties du territoire. Ce bureau pourra aussi, par l'étude approfondie cle la situation ouvrière des pays ,·oisinR, faire connaître les progrès réalisés et les moyens employés dans ce but, le tanx des salaires et, en regard, le prix des denrées de première nécessité, des loyers et des vêtements . .Article 4. - « La réserve en fa ,·eur des occupants on colom; actuels des terres publiques qui sont l'héritage du peuple. Pas un arpent de terre pour les chemins de fer ou les spéculateurs; nous voulons que toutes les terres qui sont maintenant entre les mains des spéculateurs, soient taxées à leur pleine Yaleur. » Cet article a été dicté aux fondateurs de rOrdre par la préoccupation de mettre un terme à la spéculation foncière qui est une des plaies de l'Amérique. Il est certain qu'il s'est échafaudé au nouYean monde des fortunes colossales, au détriment d'une quantité de pauvres diables qui ont été impitoyablement dépouillés. On ne peut donc qu'approuver cet article réclamant impérieusement que lefl terres encore vacantes ne soient pas concédées à quelques gros capitalistes.
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