La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

530 LA REVUE SOCIALISTE doi ,ent répandre leur amour contre les mauvais génies. Ils succombent dans une lutte inégale. Iris recherche toute sa vie, à traver,; mille souffrances, le corps d'Osiris enlevé par Typhon. Ce combat de l'idéal contre la réalité prosaïque n'est nulle part dépeint sous des couleurs plus saisissantes. Il €'Stdu reste l'exl)ression d'une loi générale qui reç·oit la confirmation de l'histoire . • . " Le culte de l'amoU1·,inséparable de celui du beau et du bien, parcourt un cycle fatal, fait de grandeur et de décadence. Mais heu,·eusement, lor,;qu'il éteint ses feux, c'est pour les rallumer de non ,·eau. Certaines étoiles se montrent périodiquement à nos yeux et disparais,;ent pour plusieurs siècles. De même nous voyons l'amour, sous sa forme idéale, apparaîtr<l à la veille de l'éclosion d'une société, comme pour en éclairer la marche; pui:; il décline peu à peu ou disparaît avec elle,pour renaître, en même temps qu'une société nouvelle . •\.insi les cycles se succèdent, correspondant à leur tour aux civiliHations successives, et cette renaissance de l'idéal ag1·andi marq ne de son empreinte les principales étapes du progrès humain. Telle est l'épopée g1·ancliose et particulieremeut attachante que :u. Xoto,·itch se propose de nous faire parcourir . • " " ::IIaisqu'est-cc que d'abord que l'amonr? Comment le définir ~ EHt-il seulement possible de le faire ? Comment ramener à l'unité ces formes si changeantes et si mobiles dont le caprice incliYiduel semble la seule règle? :IL Xoto,·itch a Mployé une grande sagacité Jans sa délicate analyse ; il a su décounir des choses neuves dans un terrain tellement fouillé <léjà par le romancier et par le psychologue. Le HtliYre dans le cléclalo <le ses observations nous est impossible ; nou,, deYons nous contenter de quel<1uestraits généraux. Pour défü;ür l'amonr, le mienx est de le ramener à son élément irréductihlc,it cette« force invincible qui donne à l'attraction ;;ensnclle une intensité particulière. Ce quelque chose d'invisible (J ni rend si éni vrant, si irrésistible notre entraînement est comme une parcelle do l'attraction répandue dans tout l'univers, de ce ciment magique à l'aide duquel la nature réunit tous les atômes ». Cette variété de l'universelle attraction est si puissante qu'elle pent absorber complètement l'homme, ses sens et sa pensée. Tout

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