La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

EROfl plus touchante. Les romans d'amour se passaient infailliblement dans un jardin fleuri. Le Rw11ayanrt et le J.faltalt/J(( rata Ao11tdes romanK d'amour. Le poème érotique Gf'lagomiga décrit les aventures de Rrischna avec des bergères : un autre, 1'duw11w1Ht11lthaska, celles d'un poète, victime d'une intrigue amoureuse qu'il a eue avec une princesse. Condamné à mort, il repa;;se dans sa mémoire, en marchant au supplice, les délices qu'il a goiîtées, sani-;songer <1ue sa tête, dans nn instant, va tomber i:,ousle glai,·e. La Bible nous fem rire en nom; contant J"épisode de .JoK~Jlh et de Putiphar, le roman (l°.-\..brahamavec Agar, l'aventure bachi- (1uede Loth avec ses filles; elle nous transporte, dans le Cantique des cantiques, à des hauteur,; inconnues. Aux. Chinois, l'amour apparait comme <le;:e, sprits de montagnes (\Lli descendent sur la terre pour jouer dans les maisons le rôle de génie des fo~er~. Pour les GrecR, l'amour c'est Aphrodite, beauté meneilleuse qui passe indifféremment de la couche du noir Yukain, boîteux. et malpropr~, dans celle de ~fa1-,.;, guerrier beau et brave. C'est arn;si Cupidon, l'enfant perfüle (lOnt les flèches lancées d"un<' main sûre n'épargnent même pas les cœnr:-; les pltlHdurs. L'Oiympe clas;:,iqne est l'incorporation la plus Yariée, de même que la plus éclatante, de l'Amour. J.. ce diYin prestidigitateur il 1:mflitd'un sourir<' pour dérider le Yieux. Zeus dont un froncement de sourcil fait trembler ]'Olympe: à sa voix enchanteresse, 011 voit le graYe ~cptune s'élancer dans une danse folle,conduitc par la musique enchanteresse des Tritons et de,; Sirènes. Et tout !"uni vers fait silence, écoutant avec stnpeur cette mélodie Rauvage et grandiose. Sons les traYestiBseme11ts variés, que présente la mythologie des différents peuples, l'analogie est, du reste, le plus souvent a;;sez transparente. Sciemment ou non, l'imagination des hommes se plagie avec une remarquable constance. Partout l'idée de l'amour fait partie inhérente du monde moral: partout elle s'incorpore dans l'idéal du bien et de la vérité. Dans l'Yascht, prière des Persans, la foi figure sous les traitii d"tme belle jeune fille lumineuse, blonde, grande, élancée, avec des seins jeunes et droits, d'une allure noble, enfin une beauté parfaite. Partout enfin nous assiscons à l'effort gigantesque qui essaie de concilier l'idée de l'amour, comme tendance vers la beauté et la vertu, avec son antinomie: le mal. La bonne Rhéa (la Terre) et le méchant Tartare sont les ennemis qu'Aphrodite doit réconcilier. Cette lutte du bien et du mal _prend souvent des proportions tragiques. Dans l'Olympe égyptien, Osiris et Iris qui s'aimaient déjà dans le sein de leur mère, ont à peine vn le jom: quïls 3'•

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