La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE EROS Permettez-moi d'aborder aujourd'hui un sujet qui, s'il n'a jamais été nouveau, n'a pourtant jamais cessé de l'être. Xous savions déjà que la lumière nous ,;-enait <luN"or<l.)fais EroH sortant tout enflammé <les glaces polaires, voilà un spectaclè qui n'est pas <lénué d'imprévu. Hien de plus exact, néanmoim. Un écrivain russe, )I. Notovitch, vient de publier un livre remarquable qui, sous ce titre aux allures frivoles : l'Amour (1), cache clesaperçus fort suggestifs et des conceptions d'une haute portée. L'amour n'eRt pas cc qu'un vain peuple pense. Ce que nous en connaissons n'est que l'amour « enlevé du ciel par des mains impures et traîné clans la boue D. Par quelles métamorphoses le dieu malin n'a-t-il point passé ? Chaque peuple, à sa manière, en a chanté les idylles et célébré les orgies. Prière~, poèmes lyriques, romans fabuleux, récits burlesques, tout s'en est inspiré, parcourant la gamme complète du sentiment, depuis l'amour mystique jusqu'à l'amour obscène, et souvent les mélangeant intimement. En Egypte, ii côté dn culte éhonté de débauche qui se rendait dans les temples, Iris représentait la passion la plus fidèle et la (l) L'Amou1·, étude psycho-philosophique par O. K. Xotovitch. Marpo,1 et Flammarion, éditeurs, 26, rue Racine . .M. );otovitch est directeur des Souosti de St-Pétersbourg ; il a publié antérieurement: Un peu de philosophie, Aug. Ohio. édileur; la Liberté de la volotité, Alcan, éditeur.

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