REVUE DES REYUES 485 La Déclaration ne parlait pas seulement des invalides, mais des indigents E>ngénéral. En s'appropriant la doctrine révolutionnaire, M. :Monod n'a pas dissimulé les conséquences importantes que la pratique de l'assistance ainsi comprise pourrait aYoir au point de vue budgétaire, car, il voudrait, dit-il, que la République fit en cette matiere ce qu'elle a déjà fait en matiere d'instruction. C'est là, précisement, ce qui effraye )1. Hubcrt-Yallcroux. Bn Ul!l3, dit-il, on ne demande au budget qu'une somme de 8 millions. C'est le chiffre du budget de l"in;;truction publique en 1868, qui a atteint 122 millions depuis. A combien s'éleYera le budget de l'assistance publique dans quelques années? Le service de :.\I. )fonod a fait une étude comparative, de laquelle il résulte que les charges de !'Assistance en France s'élevent à 1 fr. GO par tête d'habitant, alors qu'elles sout de 7 fr. t\2 en Angleterre, de 7 fr. 50 dans les Pays-Ras. Il faudrait donc majorer de plus de 200 millions par an le budget actuel de l'assistance, pour que la part contributive de chaque citoyen français égalât la conl!·ibution payée par tête d'habitant en Angleterre ou en Hollande. De ce seul chef, M. Hubert Yalleroux voit <lans l'établissement des budgets des préoccupations de préYoyance sociale contre lesquelles il tl'élevo vigoureusement, car elles pcu,ent conduire loin les hommes politiques qui proclament le principe de l'assistance obligatoire. A l'appui du péril que présente l'application de cc principe, il cite le rapport présenté par notre collaborateur Regnard, au Congrès cl'Assistance de 1889 et publié par la Ret•ue Socialisli': « Si c'est une obligation pour la société, c'est forcément un droit pour l'individu et un droit qui ne reconnaît pas de limites. Je n'ai jamais pu comprendre, pour ma part, l'attitude de certains écrivains qui, tout en admettant l'obligation à cet égard pour l'Etat, nient le droit du citoyen au secours ». - Regnard ajoutait, :.\I. Hubert Valleroux n'a garde tle l'omettre : « 11y a chez nous 20 millions de personnes réduites au régime tlu salariat, c'est-àdire auxquelles, d'une fa\·On générale, l'épargne est positi vemcnt interdite à raison de la modicité de leurs ressources ». Ces 20 millions, qui forment la majorité de la nation, ayant le droit d'exiger <le la société les secours quïls croient leur être légitimement dûs, <1uedeviendra notre organisation sociale Je jour où ces 20 milliom1 de prolétaires demanderont, à titre de secours, le superflu qui constitue la richesse de la classe capitaliste? l\I. Hubert Valleroux n'ose pas poser la question comme nous la posons ici, mais c'est là surtout ce qui l'obsède, et son angoisse nous paraît très naturelle. En attendant, une fois n'est pas coutume ! Constatons que la
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