La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

472 LA REVUE SOCIALISTE LASITUATIOENBELGIQUE Le jour où paraîtront ces lignes, la question du droit de suffrage sera peut-être tranchée en Belgique. Nous saurons, dans quelques semaines, si nos espérances étaient vaines ou si la victoire doit nous rester. Pour le moment - dans le monde parlementaire - tout reste dans le vaguP. La majorité des deux tiers, exigée par la Constitution, n'est acquise en faveur d'aucune formule. Les radicaux, au nombre d'une trentaine, réclament le suffrage universel. Le reste de la gauche demande l'exclusion des illettrés et des assistés. La droite s'en tient au système du gouvernement, hétérogène mixture de capacitariat et d'habitation. Entre ces deux groupes, réactionnaires à l'envi, l'accord est bien loin d'être fait: les libéraux veulent avantager les villes; les catholiques se refusent à sacrifier les campagnes. Presque tout les sépare ; une seule. ch-0se les unit: la haine de la démocratie et la peur du socialisme, traînant à sa suite, suivant les expressions de leurs chefs, la « rcuaille des villes>> et les o: barbares de la campagne>>. Reste à savoir si, dans cette Chambre, divisée, impuissante, méprisée par l'opinion publique, il se trouvera une majorité pour fermer la porte au suffrage universel et affronter l'orage qui monte à l'horizon. Depuis tantôt trois ans que le gouvernement prolonge,comme à plaisir, la crise révisionniste, les symptômes révolutionnaires se multiplient et s'aggravent. Aveugle qui ne les voit pas. Les grèves politiques, d'abord ; cent mille ouvriers, au mois de mai 1891, sacrifiant quatre semaines de salaire pour arracher la révision. Et depuis, les manifestations des sans t1·avail, promenant leurs haillons dans les quartiers riches. Aux véritables chômeurs

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