4ü6 LA REVUE SOCIALISTE Heureusement les gardes françaises sont venus au secours du vcuple. Lambesc a dû battre en retraite, mais à la faveur de tout ce désordre des gens ont brûlé les barricrcs. Ce matin, Paris réclame plus que jamais des armes. Le faubourg se prépare à se défendre contre les Bernois et les Allemands. LeHboutiques sont fermées. On tient des pavés prêts. Et ça va cuire.« Les femmes taperont plus fort que les hommes;,_ Il faut des armes <1uandmême! Où en trouver? Dans les boutiques, dans les couYents ! On en a trou ,·é à Hainr-\'ictor el à Saint-~Iarceau, mais clans le faubourg it <Juelle porte frapper ? Et à la BastiIle donc : Oui, mais ça paraît légcrement ironique à tous. « - A s'fout de vouR, la Bastille, a H'fout ben de Yous. » Et cela semble irréfutable. Dam, toute cette fièn-(', ce tintouin, voilà encore qu'on apprend pat· la Ua:1•/IP la compmlition du nouveau Conseil du Roi. Tout tl' qu'il y a <1<p' ire et d'odieux : Breteuil, de Broglie, Foulon un ac-capareur. « Cc Foulon qui a prétendu que lo peuple peut bien manger (lu foin puisque ;;eHchevaux en mangl•nt ». Encore un coup ,le l'.\.utl'ithienne. _\.h ! la chienne de bl'igandc•, la gaupe cle malheur! ,, - l'meritont qu'on les écrase, <lit 13outeculot, là, lt•ur muffe ;,om, !"talon, comme une nichée cle vipt>l'C.S.. » Et SUI' ces entrefaitN,, les porte-beRace, toute la miHère ùe la Hot1uette et <le Popincourt, envahit le faubourg. Ils d{•fileut en demandant <le:;armes. Un vieux juif leur livre tout ce tiuïl a danH sa boutic1ue. Lui arn,si, ne veut pluR d'un régime de tyl'annie . .\. l"Jlcitcl de Yille, um• foule énorme réclame aussi cleHarm(•K au pré,·ôt Flesselles, et d'instant en instant elle augmente, cette foule, ju~c1u'à la j<'unesse des écolN,, les clercs cln Chàtell't et Cl'UX de la BaHochc qui arrivent pour la t-,YJ·ossir. Le. ('omité d<'HMec-lt•ursarrète la fomrntion d'une milice pariiaic•nne : -!8,()(XI homme;; à lever danR lcR soixante diRlricrR. Ll• pr{•,·i>tattend douze mille fusils ... Les districts sont autoriRt'·s it fail'e fabri<1uer cinquante mille piques aux frais de la ville. Bon ! mai1:1on a encore pilh~ les Lazaristes. On a trouvé chez eux du gmin en <1uautité, mais pas <l'armes ; mais on pille en c-t· moment même le garde-meuble : épécH, sabres, fusils, pistolets, armure,i, bannièrN; héraldiques tout disparait. La nuit arrive. Au faubourg, comme dans tous les districts, on forge les pictues. Les patrouilles recommandent aux habitantH d'allumer lc•urs fenêtres. Des criR « A mort ! >, c'est qut:lque pauvre gueux accusé d'être incendiaire qu'on poursuit. A la Grève ou
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