LE SOCIALISME ET L'.AR'r 4(i5 rance ... le bleu, coule.ir de la liberté d'Amérique et de la démocratie r C'est le vert qu'on veut, le vert, le vert! Ce cri s'envole couvrant la motion « Le vert, des cocardes vertes ! >l. Bourgeois, artisans, soldats et commis s'égosillent. )> Aux armes! aux armes ! Ou achète des rubans Yerts aux merc,t<linesjuives, puis on arrache les feuilles des tilleuls et le Palais Royal se vide. Un instant après les patriotes dévalent par le,; rues. L'énorme cohue se dirige en partie vers !'Opéra, en partie ver,; le boulevard du Temple. ~!ariette Lhenry et Mme Conche qui voulaient ce jour hi, sirandra à !'Opéra, rencontrent la seconde troupe près la Porte 8t-:'.\fartin «: allumée de soleil jusqu'à mi-corps. Et it perle <le nie, inondantes de légions, vocifèrent...» D3vant !'Opéra, c'est un fourmillement de peuple. Il y a rtiprésentation, mais les manifestants ont donné cinq minutes pour déguerpir aux aristocrates venus là pour se réjouir du départ do Xecker, et les aristocrates se sauvent effarés. A l[Uelques-uns par r.lillerie, on fait crier «: Yi ve Xecker ou vive la ~ ation ! )>. Quelques citoyens pendant ce temps ont couru chez Curtius, et en rapportent les bustes de Yecker et du tluc d'Orléans. « Les vivats prennent \m accent étrange, retentissent d'un <'.•~latterrifiant. » Au soir, le tocsin sonne. Jacques le républicain qui s·en est allé à la :'.\fuette danser en compagnie de sa promise Thérèse et de b tante Tiennette, entend un son <lecloche pressé. Le feu ! mais où? Et voilà tous les tlansem·s inquiet,i. C'est la cloche des Théatins, oui ;mais pi-esque aussitôt retentis.ient celles de Saint-Landry et de la Conception et uu peu apr<!S,c'est St-Eustache, St-Germain l'Auxerrois, tous les clochers de Paris enfin qui sont en branle. 11 y autre chose que le feu, mais quoi ? En se rapprochant de Paris, la bande joyeuse ... toute triste maintenant, entend des coups de fusils par-dessus des hurlement,; et enfin elle aperçoit les barrières incendiées. L'œune des bandits de Montmartre, sans cloute ! Tout à coup le bourdon de XotreDame éclate <l'une voix terrifiante. La nuit se passe clans l'épouvante. - Qui vive?- Tiers Etat. Des coups de fusils isolés. Des cris« Vive la Nation! Vivent les patriotes! » Des canons qui ro.ulent, des chevaux qui s·ébrouent. Que s'est-il donc passé après la promenade des bustes ? Voilà : Royal Allemand et les dragons de Noailles ont voulu désorganiser le cortège, - un garde française a été tué d'un coup de pistolet; puis, place Louis XV, Lambesc a fait charger. Des femmes, des enfants ont été piétinés, un des porteurs du buste de Necker a été tué, un autre blessé, le buste mis en miettes. 30
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