. . 4û1 LA REVUE SOCIALISTE Lamour, un vieux SC'rf affranchi, dont volontiers la rancunC' s·C'xhalo on blasphèmes contre les mauvais nobles, mais en qui ,mbsiste l'idée d'une oppression irrémédiable, le sentiment de hL poigne, les anciens s'en vont causer de M. Xccker it l'ombre de la Bat1tille. Ici, 11. Tabarant nous trace une curieuse description du Palais Royal avec ses mercadines juives en casay_uinsrouges, les crieur,; d\•au <leréglisse, les revendeuseti de gâteaux de Xan terre, J,,sboutiqueR, le musée de cire de Curlius, la librairie des Trois bossus, le café de Foy et le comité deHDiétines, le café ~fécanique, la Grotte Flamande, le pâtif;sier Gendron, les Ombres chinoisf'H, le r-!~taurant Beauvillier,, et les galeries du Bois - un coin Hu:.mtle libt>rlinage et qui déshonore singulièrement le duc d'Orléanil pas du tout honteux d'avoir des gueuses pour locataires . .\.u milieu de ce bruit, de ce va et vient, tombe tout ,·l coup l"étrange nouvelle du renvoi de ~ecker. Le père Lhenry en est s()r, lui. Il revient de Ver;,ailleHiLpied. JI est furieux. li e,;père bien quand même qu'on ne va paH laisser {>gorg<'rPariH, emmener le roi à Metz, et mettre les patriot.~s à la BaHtille. A la l\Iaison de Yille on doit avoir des armes. Ce (fUe dit Lhenry d'autres le disent. L'agitation est à son comble, au Palais Royal. On se bomicule, on se presse, on se queRtionne, on se tâte. Résistera-t-on ? On ne sait, l'idée est dans l'air, mais 011 hésite. Des motionnaires proposent <l'adresser une délégation au Roi. « Xon ! non ! C'est autre chose décidément qu'on doit tenter. Qu~ faire ? pourtant que faire ? « )fais un soulèvement nouveau reflue les abords du caU• Jousserand, une clameur s'élève, un jeune homme a franchi ll'S groupes, bondi sur une table, un grand jeune homme en habit marron, cou nu, gilet baillant, les bas et les souliers blanchis de poussièro et qui motionne à pleine gorge, lancé en avant, la main gauche crispée sur la poitrine, la main droite Prigée vers le ciel. Sa voix vibre et des lambeauxdephrases parviennent «Pas un moment à perdre !... li faut courir aux armes !... Des cocardes pour nous reconnaître !... J) ••• Les extrémités du jardin se sont vidées instantanément. Etait-ce donc là ce qu'on attendait, cet appel d'audace, que depuis des heures on hésitait à jeter ? Aux armes ! On veut égorger les patriotes ! Les gardes françaises répètent a Aux armes ! » agitent leurs coiffures, mettent l'épée au clair. C'est comme un coup de vent balayant les indécisions de la foule. Le jeune homme poursuit, domine d'un timbre éclatant l'écroulement du tumulte. Il veut que les patriotes se rallient, demande quelle couleur servira de ralliement. Veut-on le Yert, couleur de l'es))('-
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