LE SOCIALISME ET L'ART 459 « Envoyez-moi tout ça, faire lanlaire ! sacré nom ! Les Etat~ généraux ne feront qu'une bouchée de ces jurandes et ces maîtrises ! C'est bon pour les coïons de s'enfariner le bec de toutes ces cochonneries-là. » Mais les camarades ne comprennent pas encore la nécessité des réformes. Ils ne songent qu'à rire,à s'amuser, à boire,à lutine1· les filles comme la Nicole et Margot la Frileuse. Tout de même Lhenry s'en va. L'ombre de la Bastille a dépassé sa boutique mais en quittant ses amis, il se tourne encore vers la forteresse, la menace du poing. « Ah ! la gueuse, la triple gueuse! Faudra bien qu'on y foute la pioche un de ces jours ! » Le deuxième chapitre nous transporte à Versailles en plein effarement des préparatifs du 5 mai. Lhenry se dispose it recevoÏJ• ses amis de Paris. Ses voisins en font autant. Le vieil horloge1· s'en va regratter, c'est-à-dire acheter des restes de la table royale, des choses succulentes à des prix doux ... Déjà les visiteurs affluent : Bourgeois, paysans, ouvriers, se dirigent vers la place d'Armes, à flots pressés. Et les voitures SP suivent sans interruption turgotines aux roues volnmineusel:l, gondoles, berlingots, berlines, cabriolets, wiskys, haquets, rnlis, demi-fortunes, vis-à-vis, désobligeantes: une nuée d'équipages. Et Lhenr:r voit à son tour débarquer ses amis. A dix heures et demie tout ce peuple encombre la place d'Armes - quelle jetée de peuple ! - il y en a aux fenêtres, sur les toits, sur des éch~lles, sur la grille du château. Tout Paris est venu. Le palais semble triste. La cour est avec les députés à NotreDame où l'on chante le l'eni Cnnior. Mais le cortège s'avance. Des grenadiers de la garde française, les bannières paroissiales, et les religieux des Récollets, paraissent: puis suivent la musique du château, qu'on applaudit, des groupes de prêtres et enfin les députés que la foule acclame. Les députés du Tiers, viennent sur deux files, processionnellement, chacun portant son cierge, « et de cette multitude surgit une acclamation formidable, le tonnerre de gorge de tout m1 peuple acclamant au passage le bataillon de ses défenseurs. » Vivent le 'fiers! Vivent les Communes ! On lance des fleurs, des bouquets, des poignées de pétales de roses ou de pivoines. Des dames envoient des baisers. La noblesse passe dans un silence a: funèbrement absolu ». On applaudit encore, mais faiblement, les prêtres du bas clergé, mais on gronde au passàge des princes de l'Eglise. Le roi, du moins, est applaudi. Le peuple ne le hait pas encore « ce bon bourgeois fourvoyé sur un trône ». . •
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