' 1 LA REVUE SOCIALISTE rance » on a rédigé les cahiers ; tous réclament l'égalité des droits de l'homme selon la formule des Américains et des philosophes. Tout pouvoir doit émaner de la nation. La volonté générale fait la loi, la force publique l'exécute. Et bien d'autres belles choses. Le commerce des nouveautés (brochures et pamphlets) marche comme il n'a jamais marché. Hélas ! les autres commerces ne vont plus guère ; la misère est grande parmi les ouvriers ... « Dire qu'on est obligé d'entretenir vingt mille mendiants à, cet atelier de charité de Montmartre ! La ville leur donne vingt sols par jour pour un semblant de travail, et il y a bien « par le temps qui court » des artisans qui se contenteraient de ces vingt sols. « C'est pitié, pitié ! » fait Chappaz. La capitale est pleine de malheureux sans gîte, venus des quatre coins du pays, qui vont par les rues, décharnés et fiévreux, et tous les jours il en arrive par troupes ; on ne peut faire un pas sans que dix gueux courent à vos-talons en vous tendant la main. Leur dire de tr-<1vaillerc, e serait se railler de leur détresse, car les meilleurs ateliers chôment. Au faubourg St-)\.ntoine, la fabrication des meubles est réduite à néant. Les chantiers de bois et les fabriques de faïence de la rue de la Roquette sont sans vie. Rue de Reuilly la manufacture de glaces vient de renvoyer cinquante ouvriers. Rue de Charonne, celle des cierges et chandelles, ne bat que d'une aile. La fabrique de toiles peintes, or et argent, établie à l'hôtel de Gournay, a diminué ses salaires quelques jours avant l'émeute Reveillon. Un désastre dépassant tout ce qu'on peut imaginer! Et depuis des mois les farines manquent. Le pain est répugnant et hors de prix. Les chiens n'en veulent pas, du pain que le monde mange.» C'est une épouvantable misère aggravée par les accaparements des Compagnies. Faudrait pourtant que ça finisse ! Les Etats généraux termineront-ils tout cela ? Voici les messieurs de la Ville qui passent, les deux Santerre, Reveillon dont la maison vient d'être pillée (une perfidie de la C'our ou une diablerie du d'Orléans), Simonet, Guibout-Midi, de Saint-Jean ; ils vont à l'archevêché où chaque jour les électeurs se rassemblent. Et comme Lhenry se décide pour la troisième fois à quitterses amis, entre à la Granit Pinte un ancien contrôleur des fermes, M. Maùinier. Et on se remet à causer ..... avec d'autant plus d'ardeur que le défilé des compctgnonneux commence. Ils vont de cabaret en cabaret avant d'aller brûler des cierges au patron de la. corporation. Ah! il y a encore là beaucoup à faire, beaucoup à changer. Et le père Lhenry a bien raison de s'écrier :
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