436 LA REVUE SOCBLISTE la nécessité même du lien religieux, et se bornant à appliquer scientifiquement la méthode positive aux faits de l'histoire, on examine si, à chaque grande révolution subie par l'humanité, le sentiment religieux dans ses transformations, s'est étendu et affermi de manière à laisser présager un avenir de croissance, ou si, au contraire, son affaiblissement autorise à prévoir pour lui une extinction totale. Comparant alors les trois états généraux que comprend jusqu'à cc jour le dévPloppement religieux de l'humanité, le jëtichi~me, le polytltéismf', et le m01wtl1éis1111,, considéré dans ses deux phases, le judaïsme et le christiani.rn1f', on fait voir que le sentiment religieux a pris successivement plus d'importance par la place qu'il a occupée daus l'existence individuelle, et par sa valeur sociale. En effet, si nous l'étudions sous le premier point de vue, nous trouvons que le lien religieux s'est constamment fortifié par le progrès dC'l'amour et la vénération do l'homme envers Dieu, et par l'autorité croissante du, dogme de la vie future. Sous le second, le progrès des croyances religieuses n'est pas moins évident par leur puissance d'agrégation, devenue toujours plus considérable; cc qu'atteste l'agrandissement des centres successifs d'association, famille, cité, nation, église, correspondants aux dogmes ~uccessifs du féchitismc, du polythéisme et du monothéïsme juif et chrétien. L'école de Salut-Simon, fidèle à sa méthode, conclut de ce tableau que, dans l'époque organique qui se prépare, la religion est destinée à faire un nouveau, un immense progrès, conséquence des progrès qu'elle a faits dans le passé, d'époque organique en époque organique, sous le double rapport de sa valeur sociale et indi viduelle. Elle proclame que l'humanité a un avenir religieux; que la religion de l'avenir sera plus grande, plus puissante qu'aucune des religions du passé; que son dogme sera la synthèse de toutes les concPptions, de toutes les manières d'être de l'homme, que l'institution sociale politique, considérée dans son ensomble, sera une institution religieuse. L'exposition du dogme saint-simonien et de l'institution politique qui doit le réaliser, voilà quel sera l'objet du second volume annoncé. Saus vouloir anticiper snr cette seconde partie. que nous avons l'intention d'analyser comme la première, nous emprunterons à une nouvelle publication stir la doctrine une critique du dogme chrétien, critique dont la nature peut jeter d'avance quelques lumières sur le dogme nouveau appel6 à combler ses lacunes (1)_. (I) De la Religion Saint-Simonienne. Cinq discours adressés aux Elèves de l'Ecole Polytechnique.
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