RÈRUi\lÈ DE LA DOCTRISE SAIST-SIMOSJESXE 4:H « En annonçant un Dieu pur esprit, en plaçant en dehors de lui la matière universelle, l'Eglise montrait l'homme, dans la ~ndition actuelle de son existence, comme empèché par des liens qui le tenaient éloigné du type de toute perfection. De plus, elle con:;ervait dans son dogme un débris manifco te de la philosophie orientale qui avait présenté le monde comme le théàtre d'une lutte continuelle entre deux principes opposés, celui du bien et celui du mal. Si la théologie chrétienne avait complètement subordonné le principe du mal, au moins lui laissaitelle encore une grande liberté d'action: et <'e qui doit surtout frapper vos esprits, c'est qu'elle lui avait spécialement attribué la matière pour domaine. « La chair, dit saint Augustin, c'est le péché. » Et, dans l'Evangile même. écoutez le tentateur montrant tous les royaumes du monde et les richesses de la terre : « Je vous donnerai, dit-il, je vous donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaume ; car ell(' 111'a été donnée, et je la donne à qui il me plait. » A ces deux i<léesprincipales, l'existence d'u11 Dieu pnr esprit et l'existence d'un mauvais principe, se manifestant surtout par les appétits de la matière, ajoutez le dogme antique de la chute, qui tendait à faire concevoir la souffrance sur cette terre comme nécessaire, irrémédiable, et vous serez placés au point de vue convenable pour bien comprendre la direction de tous les travaux de l'Eglise -0hrélienne. cc Dieu étant un pur esprit, tout perfectionnement dans l'ordre matériel était jugé inférieur. Le principe dn mal ayant la matière pour domaine, l'accroissement des jouissances matérielles n'était pas seulement subordonné, il était réprouvé pour l'homme; enfin, la douleur étant le iuste châtiment d'une faute antérieure, il acceptait le mal et s'y soumettait avec ré:;igaation, avec joie peut-ôtre, au lieu d'y voir constamment l'indication d'un progrès a faire, pour arriver par son propre mérite à un état meilleur. • L'Eglise perfectionna les sentiment.s, développa les sympathies, car son Dieu était un Dieu aimant; elle eut des prôtres. L'Eglise se proposa aussi de cultiviir la science; mais exclusivement sous le rapport des phénomènes de l'esprit : elle eut des théologien.~ qui étudièrent l'homme dans ses facultés fntellectuell('s et dans ses relations, comme <'!Ire .~pfriluel, avec Dieu, avec ses semblables. Dans ces deux ordres de travaux, l'Eglise a rendu au monde d'immenses services; mais, quant au perfectionnement du bien-être matériel de l'humanité, elle ne s'en est jamais occupée, au moins d'une manière directe et suivie. Ainsi, par exemple, elle n'a jamais organisé un corps pécial ayant
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