431 LA REVUE SOCIALISTE respecter, le but social étant connu et aimé de tous. Tout ce q,li tend à favoriser le développement des sentiments, des intelligences et des forces, voilà la vertu ; tout ce qui contrarie ce développement, voilà le vice. Dans chaque classe de la sociélé, chaque individu aura pour juges ses supérieurs immédiats, les hommes qui sauront le mieux apprécier toutes les circonstancC's de ses actes. Enfin, la législation pénale sera considérablement adoucie dans ses formes; elle n'aura d'au Lre objet que de soumettre à un mode particulier d'éducation les hommes qui s'écarteront des voies indiquées par l'éducation ordinaire. Ces dernières considérations sur les deux grands moyPns <l·ordre social révèlent tout à coup à l'esprit le besoin d·une sanction suprême pour lC'sprfoeptes recommandès par l'éducation, prescrits par la l{•gislation. Quels seront les hommes chargé;, de diriger l'enseignement? quels seront les hommes chargés ùe faire les lois? d'où leur viendra leur mandat? quel sera leur caractère'/ quel sC'raleur rang dans la hiérarchie ~ociale? quelle sera enfin cette hiérarchie qui doit èlre l'expression de la société tout entière, de ses travaux et de ses conceptions? Toutes ces questions ue peuvent tr,rnver leur solution que dans celle d'111i1mmense problème qui se présente sons la forme suivante: L'lt1111w1tité a-t-dlf' 1n1 an·nir rf'li_qif'1t.:r? et dans le cas de l'aOlrmative : La religion doit-elle se réduire à une contemplation purement individuelle? doit-on ne la comprendre que comme une pensée intérieure, isolée dans l'ensemble des sentiments, dans le système des idées de chacun, sans influence sur ses actes sociaux, sur sa vie politiqne? ou bien, cette religion de l'avenir ne doit-die pas se produire comme l'expresllion de la pensée collective de l'humanité, comme la synthèse de toutes ses conceptions, de toutes ses manières d'ètrc; ne doit-elle pas prendre place dans l'ordre politique et le dominer tout entier? C'est dans ce dernier sens que le problème est r~solu par l'école de Saint-Simon; mais en présence d'un siècle peu favorable aux idées religieuses, elle a dù tenir compte de la préoccupation des espriLs, et consacrer un grand nombre de pages à détruire les arguments qui se présentent contre l'examen mème de ces questions vitales, comme étant jugées sans retour. Elle a dù s'attacher à démontrer les points snivants : l'irréligion, qui forme Je 1\aractère général de notre époque, comme de toutes les époques critiques. n'est que le produit des antipathies qui se sont développées contre un dogme vieilli, devenu insuffisant, et contre l'institution qui le réalisait; sous un autre rapport, elle n'est que la traduction de cc fait, savoir : que l'homme a cessé, en contemplant l'univers et sa propre existence, d'y apercevoir
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