La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

412 LA REVUE SOCIALISTE triels (il est impossible de rien concevoir dans la société en dehors de cette triple division), sera donnée, sans acception de naissance, exclusivement selon le vœu des diverses organisations individuelles. Ainsi, après une éducation primaire, préparatoire de toutes les destinatiom,, et commune à tous les enfants, ceuxci, dont lrs vocations auront été étudiées et consultées par des maitres habiles, seront répart,is dans.trois grandes écoles pour les beaux-arts, les scienc,~s et l'industrie. Quelque nombreuses qur soient les divisions particulières auxquelles chacune de c.es écoles puisse être soumise, on doit concernir la nécessit(• d'une éducation commune pour tous les artistes, en tant qu'artistes, de mème que pour tous les savants et pour tous les industriels. Ce n·est qu'à la suite de crtte second<'préparation que Lesjeunes gens, désormais tixés snr leur carrière future, seront distribués clans tes différentes écoles d'application, corregpondantes à toutes les subdidsions dont sont susceptibles les trois grands ordres de travaux désignés ici d'une manière générale, et qui conduiront lrs élèves jusqu'au moment où la société, les jugeant suffisamment formés, confi<,r:,à chacun d'eux la fonction à laquelle il srra devenn propre. Les fonctions, les profrssions diverses étant réparties alors en raison des capacités, il en résultera qu·elles seront exercées aYec un plus haut degr(• de perfection, et que, pat· cPla seul, les progrès, dans toutes. les branches de l'activité humaine, seront beaucoup plus rapides qu'ils ne l'ont été à aucune époqne du passé. La division du travail a été considérée, avc,c raison, comme une des causes les plus pnissantes des progrès de la civilisation; mais il est évident que cette division ne portera tous ses fruits que lorsqu'elle aura pris ponr base la différence de m11arité chez les trarnilleurs. ~ous ne saurions faire entrer ici aucun détail sur les perfectionnements successifs de réducation, snr les lacunes et les vices de son état actuel, ni snr les moyens de réaliser les conditions abstraites suivantes, sans lesquelles on ne peut concevoir un système complet et régulier d'éducation spéciale, savoir : 1° un enseignement comprenant toutes les connaissances humaines <lans leur état le plus avancé; 2° un corps enseign:..nt organisé de manière à ce que tous les progrès passent facilement de la théorie à la pratique, des mains des savants qui perfectionnent la science dans celles des savants qui l'enseignent, et des mains de ceux-ci dans celles des hommes qui en font l'application immédiate; 3° une éducation spéciale embrassant toutes les professions que nécessitent les besoins sociaux; 4° enfin un enseignement distribué de telle sorte que chaque degré soit en mème temps la conséquence du degré précédent et l'achemine-

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