La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

RÉSUMÉ DE LA DOCTRIXE SAINT-SD10~IEXXE 431 de restituer avec usure à la société les avantages que \"on peut atti·ibucr à la confusion des travaux dans les mains de chacun. Les principaux instruments d"éducation au moyen âge ont été le catéchisme, la prédication et la confession. Les deux prenüers, destinés aux massPs, arnient pour objet de résoudre les cas gé11éN11a, et devaient être nécessairement calculés sur la moyenne des intelligences et des sentiments ; la confession leur servait de commentaire. prononçait su·r les cas indil•idud, si nombreux, et appropriait les préceptes a chaque intelligence, à chaque sensibilité. C'était un mode de 1·011811ltatio11 par lequel les hommrs les moins éclairés venaient prendre l'avis de leurs supérieurs en intelligence, en moralité: la confession était un moyen employé par ceux-ci pour éveiller et entretenir les sympathies sociales et individuelles qu'ils avairnt mission de diriger, et pour faire comprendre à chacun ~es devoirs: enfin le clergé possédait en elle un moyen de réformation Pt de réhabilitation pour le coupable. Depuis qu'elll' a servi ù des menées astuciPuscs en faveur d"une doctrine dcYenuc rétrograde, ou au profit de passions, personnelles, on s·est avec raison déchainé contre la confession; mais celte haine et cette crainte attestent assez elles-mêmes la puissance de lïnstrument qui les a inspir{•es. Quels que soient les changements que devront subir la prédication publique et le mode de consu Italion et de réhabilitation individuelles, quels que soient même les noms quïls pourront recevoir, on peut amrmer que des moyens ruwlor;11rs, plus perfectionnés que ceux dont nous venons de parler, seront mis en usage dans l"aYenir, pour prolonger l'éducation de !"homme durant le cours entier de ,;a vie. L'éducation spéciale ou profe<;sionnelle a pour objet de . transmettre aux inaividus les connaissances nécessaires à l'accomplissement des divers ordres de travaux ou de fonctions auxquels peut donner lieu l'état de la Société. Le réglemenl de cette éducation suppose que, d'une part, toutes les fonctions, tous les ordres de travaux sont nettement déterminés, et que, d'autre part, des mesures ont été prises pour provoquer et observer le développement des aptitudes persounellPs, afin de leur donner la culture qu'elles demandent. '!'out privilège de parenté solon le sang étant aboli dans l'avenir, nul ne sera voué par une sorte de fatalité hérédit11ire à embras~er une profession contraire à ses goûts et à seg facultés naturelles. L'éducation générale sera la même pour tous, puisque tous seront appelés à vivre dans une société uniformément organisée; mais l"éducation spéciale, embrassant la culture des sentiments, des intelligences et des forces, propre à faire des artistes, des savants et des indus- •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==