42 LA REVUE SOCIALISTE « Les assemblées de districts peuvent prendre les décisions qu'elles jugent bonnes mais aucune grève ne sera autorisée avant qu'on ait fait tous les efforts possibles pour régler la difficulté par voie d'arbitrage. Si ce demier modo échoue, l'insuccès de la grève devient probable ; aussi le premier devoir des assemblées do district est-il de rendre l'organisation de notre Ordre parfait(l afin d'assurer le succès do l'arbitrage.» En mai 1886, la règle suivante était Yotée : « .\. vant qu'une grève ne soit ordonnée par une assemblée quelconque, un vote secret doit avoir lieu. Tous les membres intéressés prendront par à ce vote et la grève ne sera dfcidée que si les deux tiers des votants se déclarent en sa faveur. Tant que durera la grève, on pou rra exiger un nouveau vote. » Ces deux articles prouvent combien sont fam;ses leflalli'•gations de ceu~ qui prétendent quf' les Chevaliers du Travail ont été les instigateur,; de toutes les grandes grèves aux Etats-Unis; nous devons r.:,connaître, au contraire, qu'ils ont toujours agi avec la plus stricto impartialité et que loin de donner raison aux membres de leur Ordre, ils leur ont très sou vent déconseillé la gr~•ve,se refusant it les aider dans la lutte contre Je;; patrons. Au surplus, depuis que !'Ordre exisŒ, il n'y a pas eu encore une seule grève (j_Uiait été potmrni vie ; tout s'est borné à des représentations du bureau e'xécutif, suivies, dans la majeure partie des cas, d'un accord entre les patrons et les mécontents. Aussi Powderly a-t-il pu dire avec un légitime orgueil le 8 mars 1886 : « Depuis le l" janvier dernier le comité exécutif de !'Ordre a réglé par l'arbitrage :-350différends qui, sans cela, aumient abouti à autant de grèYes. 1> • • Tly a eu cependant certaines ~rèves qui ont reçu l'approbation du bureau exécutif, mais dans des conditions toutes spéciales.· C'est ainsi que certains ouvriers ayant été renvoyés par des patrons comme faisant partie des Chevaliers du Travail, tous les autres se mirent en grève sur l'avis de lem· assemblée sans que la question ait eu le temps d'être posée devant l'assemblée supérieure. Le bureau exécutif leur donna raison ; un appel fut fait et on leur fournit des fonds et des secours. C'est, je crois, le seul cas d'appui financier qu'ait été donné à des Chevaliers grévistes; et il ne fallut rien moins qu'une attaque personnelle contre le droit d'existence de !'Ordre pour y amener 'ference Powderly. F:tudions maintenant l'influence que les doctrines des Chevaliers ont eues sur la masse des travailleurs. Nous constatons tout d'abord que l'empire qu'ils ont exercé et qu'ils exercent encore actuellement fait d'eux la plus puissante association ouvière qui ait jamais existé et cependant leur nombre depuis quatre ou cinq ans a diminué dans des proportions notables.
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