LES CHEV .A.LIERS DU TRA YAIL 41 Bien mieux,peu de temps après, Je cardinal Gibbons revenant à la charge, recommandait aux ouvriers l'association et parlait en ces termes des Chevaliers : « On insiste spécialement sur les excès de violence allant parfois jusqu'à l'effusion du sang, qui ont caractérisé plusieurs des grèves faites par des associations d'ouvriers. Sur ce point, il y a trois' remarques à faire: premièrement, les grèves ne sont pas une i1n-ention des Chevaliers du Travail, mais le moyen presque universel et perpétuel chez nous et ailleurs, par lequel les employés protestent contre ce qu'ils trouvent injuste et réclament leurs droits. Deuxièmement, dans la lutte des multitudes paunes et indignées contre les monopolistes obstinés, la colère et la violence sont souvent aussi inévifables que regrettables. Troisièmement, les statuts et les chefs des Chevaliers du Travail, loin d'encourager la violence, exercent une influence puissante pour l'empêcher et pour retenir les grèves, dans les limites du bon ordre et de la légitimité. « Dans la lutte des grandes masses contre le pouvofr armé qui leur refuse souvent les simples droits de l'humanité e>tde la justice, il est inutile d'espérer que toute erreur et tout excès de violence puissent être évités ; c'est ignorer la nature et les forces de la société humaine dans les circonstances actuelles, que de rêver que cette lutte puisse être empêchée,ou que nous puissions persuader les multitudes de ne pas recourir à l'association, seul moyen pratique de succès. JJ Puisque nous sommes sur le chapitre des grèves, et.sans aller jusqu'à démontrer que l'Eglise catholique américaine n'est pas la seule à approuver les Chevaliers et que des prélats européens, parmi lesquels le cardinal :Ilfanning,ont, eux aussi, soutenu hautement Je droit des travailleurs de se révolter contre les exigences des capitalistes, étudions le rôle de !'Ordre des Chevaliers lorsqu'une grève éclate ou qu'elle est imminente. Supposons un certain nombre d'ouvriers faisant partie de !'Ordre, travaillant sur un chemin de fer et ayant à se plaindre de leur patron. Ils se plaignent à l'assemblée locale à laquelle ils appartiennent. Celle-ci fait une enquête sur le champ et si les réclamations sont fondées, elle envoie la demande de faire grève au tribunal au-dessus d'elle, c'est-à-dire à rassemblée de district. Cette dernière l'étudie de son côté et la retourne à l'assemblée générale qui la remet au bureau exécutif. Après un nouvel et très minutieux examen, le bureau rend sa décision et ordonne ou défend la grève. • Il est un point particulièrement intéressant dans le fonctionnement de !'Ordre, c'est le principe qui règle alors son intervention : l'article 7 s'exprime ainsi :
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