426 LA REVUE SOCIALISTE noncer qu'il <!oit subir le sort de tous les autres, que le même mode de transmission adopté, au moins virtuellement, pour ceux-ci, doit lui devenir applicable. Abolir l'héritage actuC'I, ce n·est point détruire la propriété, pas plus que les professions n'ont été détruites par l'abolition des castes, ou les fonctions politiques par l'abolition de la féodalité : c'est {•tendre à tous les hommes un droit réservé jusqu'ici au petit nombre: c'est donner à chacun un héritage, puisque, toute propriété devenant une fonction, chaque travailleur aura un supérieur à remplacer . .\Iais cc serait peu pour les Saint- imoniens s'ils n'étaient que bons logiciens: leur parole n'aura puissance de transformer la société qu'à la condition de répondre au besoin manifesté par les hommes qui srmpathiscnt le plus ardemment avec les mi ères du pauvre. 011'f'll, Rr1hrl'11.f, ont essayé de formuler ce besoin par leurs projets, soit de division, soit de communauté: mais ces Yieilles solutions d'un problème nouveau ont excité peu d'enthousiasme; celle qui résulte de l'association saint-simonienne au contraire, toutes les fois qu'elle a été bien comprise et jugée avec impartialité, a produit sur les cœurs une vive impression. li c,;t iuutile, sans doute, d'ajouter que l'école de Saint-Simon, qui a étudié l'histoire, et qui sait que le développement de l'humanité n'a pas lieu tout d'un coup, mais par des degrés successifs. n'entend en aucune manière que le passage de l'état actuel à celui de l'avenir doive s'effectuer brusquement et violemment. Elle ne reconnait, pour diriger les hommes, d'autres forces que celles de la p1•r.s1u1.~io11, de la co111'ii1i111:1 cc n'esl point un bouleversement, une l'éi-ol1tlio11 qu'elle vient prédire et opérer; c'est une él'IJ/11tio11, une transformation radicale de l'ensemble des sentiments, des idées. et par suite des intérêts matériels; cette évolution, enfin, elle veul l'accomplir au moyen de transitions qui ne froissent en rien les espérances fondées sur l'état social antérieur, transitions que l'on oc saurait concevoir et déterminer qu'apri•s avoir parfaitement conçu et déterminé le but définitif vers lequel elles doiveDt teDdre. Nous avons vu que Je dogme du rla.s.w•mf'lll selon la rnparité et de la l'Pll'ilmtion sl'/011lf' ménï1• entrainait nécessairement une modification du droit de propriété. 1\ous avons vu également qu'une modification dn droit de propriété n'est point chose inou'le, puisque aucune révolution sociale ne s'est opérée sans un pareil changement. Il nous reste à examiner quels seront, à. l'égard du travail industriel, les avantages de la constitution nouvelle annoncée par les Saint-Simoniens. Pour que le travail industriel parvieonµ, au ùegré de per-
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