RÉSUMÉ DE LA DOCTRIXE SAIXT-Sli\fOXIEX~E 423 Telle est la sit~1ation de la majorité des travailleurs, qui composent, dans toute:; les sociétés, l'immense majorité de la population. Et pourtant ce fait, si propre à révolter tous les sentiments. passr aujourd'hui inaperçl1 de nos spéculateurs politiques. Le dogme moral qui a déclaré qu'aucun homme ne devait t~Lre frappé dïncapacité par sa naissance a depuis longtemps pénétré dans les esprits : les constitutions politiques, dans ces derniers temps, l'ont expressément sanctionné; il semble donc que ·l'exploitation de l'homme, résultat des classifications que nous avons indiquées tout à l'henre, laisse du moins penser que cPs classes sont nécessairement flottantes, et qu'il se fait entre elles un échange continuel des familles et des individus qui les composent; mais, par le fait, un tel échange n'a pag lieu. Les anrntagc-s et les désarnntages propres à chaque position sociale setransmettent hùéditairr,111r,11f; et les économistes ont pris soin de constater ce fait, l'hél'édité de la 11118èl'(•, lorsqu'ils ont reconnu l'existence dans la société d'une classe depmlétaire.~. Cette exploitation prolongée de l'homme par son semblable a sa raison sans doute dans l'ensemble des faits sociaux; mais elle reconnait plus particulièrement pour cause la constitution dl' la 11ro1n·iété 1 dont le principe remonte directemP11tau droit de conqnète, et qui a gardé l'empreinte de son origine. Si donc on admet !"affaiblissement graduel de l'exploitation de l'homme par l'homme, qui n'est autre chose que la distribution des avantages sociaux d'après un principe étranger au mérite; si la sympathie prononce qu'elle doit cesser entièrement; s'il est Haî, comme !"établit la doctrine de Saint-Simon, que l'humanité s'achemine vers un état de choses dans lequel tous les hommc-s, sans dislinction ùe naissance, recevront de la société l'éducation la plus capable de donner à leurs facultés tout le développement dont elles sont susceptibles, pour être ensuite classés suivant leurs droits naturel.~, c·est-à-dire selon leurs aptitudes et leurg goùts; s'il est vrai, d'une autre part, ce qn'il est facile de prouver, que la constitution actuelle de la propriété et sa transmission par la naissance perpétuent le fait d'une classification contraire à ces droü.ç 11aturPls, contraire aux goûts et aux aptitudes, on est inévitablement amené à ce résultat, que la constitution de la propriété et son mode de transmission doivent être changés. Le droit de propriété n'est point immuable, comme on se plaît à le répéter : c'est un fait social, variable ou plutôt progressif, comme tous les autres faits sociaux. A chaque grande révolution politique, le droit de propriété a subi des modifications plus ou moins profondes. Sous le régime de l'esclavage,
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